Accessibilité des données de transport : ce que la loi prévoit pour 2021

La loi LOM

La loi d’orientation des mobilités portée par la ministre Elisabeth Borne, promet de nombreux changements pour les citoyens comme pour les entreprises. Précisons que l’ancienne loi datait de 1982, soit avant l’arrivée d’internet, des bases de données et de l’intelligence artificielle. Un monde étrange que nous ne vivrons plus. C’est au cours de l’été que cette loi LOM sera finalisée et votée par l’Assemblée Nationale.

Les nouveaux moyens de transport permettent l’accessibilité de données sensibles

Outre que le secteur est hyper dynamique et que de très nombreuses start-ups éclosent avec comme mission de bouleverser nos modes de déplacement, la question de la Data devient centrale à toute tentative de régulation. On l’a vu avec Uber, par exemple, l’utilisation d’applications mettant en relation directe une entreprise unipersonnelle et des particuliers, en recueillant au passage des données sensibles, comme l’adresse du domicile ou les éléments de paiement, peut poser problème, à la fois pour la protection des personnes mais aussi pour l’administration.

Les enjeux sont-ils les mêmes pour tous ?

Lorsqu’on sait les efforts déployés par Keolys (groupe SNCF), la RATP et Transdev (pour ne citer que les acteurs majeurs du marché français) pour innover et garantir notre sécurité, on comprend leur intérêt à financer des incubateurs, véritables laboratoires de nouvelles idées, qui accueillent et soutiennent la création d’entreprises innovantes. Les nouvelles solutions de transport se multiplient, du scooter électrique en libre accès au co-voiturage en passant par les VTC, et le citoyen doit pouvoir accéder en temps réel à une recommandation neutre et pertinente.

A quand des applications ultra-connectées

Puisque tout passe désormais par notre smartphone, il est urgent de lancer une application de mobilité ultra-connectée, qui nous renseignera à l’instant t sur le meilleur choix d’itinéraire et les solutions disponibles autour de nous. Seulement voilà, il faut réussir l’intégration d’un ensemble de données hétérogènes et fournies par différentes entreprises, potentiellement concurrentes mais aussi par les collectivités locales. Comme le remarquait un expert du ministère des Transports, à l’occasion du salon des Transports Publics qui se déroulait en juin à la Porte de Versailles, “le cadre juridique pour la mise en commun des données existe déjà en théorie. Mais en pratique, il n’y a pas de partage complet et sincère des informations. Or, sans les données en temps réel (train supprimé ou en retard, incident sur une ligne, travaux et retards, accident de la route, etc), l’utilité d’une application de mobilité est toute relative”.

La data, le pétrole du siècle

N’oublions pas que la data de qualité est le pétrole de ce siècle. Toute entreprise souhaite la valoriser, voire la revendre à ces jeunes start-ups qui en sont particulièrement avides. La nouvelle loi promet pourtant qu’une autorité de régulation (ARAFER) pourra sanctionner les entreprises ou organismes qui entraveront l’accessibilité des données.

On peut légitimement se poser la question de son efficacité face aux géants de l’internet ; qui obligera Waze ou Uber à fournir ses informations sur le trafic urbain en temps réel ? On peut aussi se demander si l’un de ces géants ne possède pas déjà toutes les informations nécessaires à la gestion et au contrôle de notre mobilité dans les cités du futur ?

Affaire à suivre …

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