Test ADN : la quête d’un éden perdu

Vous n’avez probablement pas échappé à la tendance 2018 et à ce qui s’annonce être LE cadeau original pour ces fêtes de fin d’année : le test ADN !

Ce qui s’avérait être un outil réservé aux forces de police et à la justice est devenu l’expérience du moment : « découvrir » ses origines cachées. Pouvant remonter sur plusieurs siècles, ces tests offrent la promesse de retracer votre filiation sur plusieurs générations avec pour seul indice… votre salive !

Votre ascendance déterminée par l’affluence des sondés

Cette année a été particulièrement favorable à la promotion de ce type de test. On ne peut ignorer la recrudescence de stars et autres influenceurs qui en font la publicité et acceptent d’en être les cobayes. En effet, l’entreprise a besoin de notoriété pour augmenter son panel. Ses résultats deviendront ainsi plus précis puisqu’ils couvriront une plus large partie de la population.

Cependant, la détermination des origines reste incertaine, le pourcentage d’erreur peut varier en fonction du test de chacun. A l’heure actuelle, aucune science ne permet à ce jour de savoir avec précision et exactitude ses origines. Les données ADN étant collectées sur la base du volontariat, celles-ci changent en fonction des personnes qui se soumettent au test et de leur affluence.

L’ADN : le retour aux origines

On peut constater un réel engouement dans le monde pour ce type de test en 2018. Cela peut être dû à la coïncidence avec l’affaire de la sénatrice Elisabeth Warren qui avait fait grand bruit outre-Atlantique. Pour rappel, celle-ci avait effectué un test ADN pour prouver son ascendance amérindienne face au scepticisme du Président Donald Trump.

Aux Etats-Unis, cette pratique est d’ailleurs devenue monnaie courante : de 300.000 intéressés en 2013, ils sont devenus 12 millions en 2018. Ce qui est bien la preuve que ce type de test s’est démocratisé.

Si la véracité de ces tests n’est plus à prouver, des voix s’élèvent cependant contre ces nouvelles entreprises pour dénoncer un objectif trop flou. En effet, qui peut dire ce qu’il advient des données génétiques collectées en masse par ces entreprises ? Et plus encore, qui peut prédire ce qu’il adviendra de ces informations personnelles et de leur potentielle exploitation ?

Que deviennent les données ADN collectées ?

Les plus complotistes y voient une occasion pour ces futures multinationales de faire du profit par la revente des ADN aux assurances. Elles pourraient ainsi indexer leurs tarifs en fonction des anomalies génétiques décelées. Vision quelque peu pessimiste…

Les plus scientifiques y voient plutôt une formidable base de données pour pouvoir faire avancer la recherche scientifique et médicale.

La seule raison d’être de ces données est la collecte d’informations pour pouvoir (re)tracer son patrimoine génétique. Pour le reste, elles sont stockées de manière sécurisée par l’entreprise contactée. Une mention à ce sujet est toujours indiquée dans les mentions légales. La preuve que ce point reste un sujet critique pour les personnes qui souhaitent se soumettre au test.

La législation française est-elle opposée aux tests ADN ?

La France a une opinion tranchée sur le sujet des données personnelles. Elle reste très attachée aux lois bio éthiques qui régissent de manière stricte le recours aux tests génétiques. D’après le code de la loi : « L’examen des caractéristiques génétiques d’une personne ne peut être entrepris qu’à des fins médicales ou de recherche scientifique ».

Il est donc clairement spécifié qu’aucune entreprise française ne peut commercialiser son expertise pour l’exploitation et l’étude de notre ADN. Pourtant, si la France se montre très frileuse sur ce sujet, les autres pays sont beaucoup moins regardants. Aux Etats-Unis, il leur est permis de créer des entreprises pouvant profiter de ce nouveau business. Mais ils peuvent également exploiter les informations de Français désireux d’en savoir plus sur leur patrimoine génétique.

Plus proche encore, on peut parler de la Suisse et de la Belgique pour qui ces entreprises sont florissantes. On estime d’ailleurs des bénéfices autour de 25 milliards de dollars en 2021 pour un test payé 80€.

 

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