Rétrospective des dispositifs d’alerte à la population d’hier à aujourd’hui

A l’heure où l’Europe tente d’impulser une harmonisation et une amélioration des alertes d’urgence pour prévenir les populations concernées en cas de danger immédiat, il est important de dresser un portrait des technologies disponibles en la matière. Et si nous sommes aujourd’hui tous connectés via nos smartphones, il y a bien d’autres moyens utilisés pour annoncer une catastrophe naturelle ou une attaque terroriste.

 

De l’église aux médias, il n’y a qu’un siècle !

La majorité des pays ont, au XXe siècle, eu recours aux sirènes (4500 en France et même 7500 en Suisse) pour prévenir leurs citoyens, dans la lignée des cloches d’église sonnant le tocsin. Les médias classiques comme la télévision, la radio ou encore l’affichage urbain, tiennent une grande place dans les dispositifs nationaux. Pour autant, les évolutions vont dans le sens d’une plus grande personnalisation des messages et internet a, là aussi, tout changé. Nous sommes dans une ère ou chacun reçoit des notifications en temps réel, des informations issues des médias comme de l’entourage. Pas une minute sans qu’un message ne s’affiche sur nos écrans de téléphone !

 

Alerte au texto

Le SMS est un outil d’alerte fiable, puisque 98% des SMS arrivent à leur destinataire. Les différents standards de diffusion permettent même de préciser la distribution et parfois la lecture du message par son destinataire. De même, nous avons largement adopté la géolocalisation, qui reste toutefois discrétionnaire. Cette innovation nous permet de nous orienter mais aussi d’être informés de ce qui se passe autour de nous avec davantage de pertinence et de précision. La Norvège a recours aux SMS géolocalisés pour envoyer ses messages d’alerte uniquement dans les zones concernées. La société UMS développe son « Population Alerte System » (PAS) également en Suède et au Danemark. Elle mixe les adresses physiques (téléphonie fixe) et géolocalisables (téléphones portables) pour diffuser les messages en quelques minutes.

 

Plus vaste et plus précis

La radiodiffusion cellulaire (CB) est un autre standard de diffusion de messages qui semble plus adapté au grand volume d’envoi simultané. Elle propose par un encodage la possibilité de « sélectionner » les messages pertinents par le terminal qui les reçoit. Ainsi on peut imaginer couvrir la totalité d’un territoire comme les Etats-Unis, même si la cible ne concerne qu’un seul un état ou une ville. Autre avantage de cette technologie CBS, la transmission se fait sur un canal différent de celui des messageries mobiles. Elle garantit donc la rapidité et la fluidité des communications.

 

L’exemple français

La France pour sa part, a déployé une application SAIP, qu’elle espérait voir embarquée sur les smartphones de ses habitants. Elle permettait par le biais d’une plateforme d’alerte sécurisée sur le web de cibler les messages selon les dangers encourus, grâce à la géolocalisation et dans le respect des règles de confidentialité. Au-delà de la réelle performance de la technologie, le peu d’engouement rencontré dans la population et les décisions prises en amont d’alerter ou non la population ont été à l’origine de l’abandon récent de cette solution. Les autorités françaises ont souhaité migrer leur système d’alerte vers les réseaux sociaux via un partenariat avec Facebook et Twitter, par exemple ; mais la récente réglementation européenne va remettre en cause ce choix de circonstance.

 

Vers une mutualisation des expériences

Au-delà des solutions techniques diverses, le principal problème que rencontrent les décideurs, reste la gestion homogène et transversale des systèmes d’alertes. La recherche d’une solution idéale continue, et on peut imaginer qu’il faudrait combiner plusieurs technologies afin d’exploiter les points forts des unes et des autres et de combler les éventuelles failles. Mais comme toujours, il faudra coordonner les moyens et les techniques. Il faudra aussi s’assurer de la synchronisation et de la facilité de compréhension des messages d’alerte, qu’ils soient diffusés via des SMS ou des sirènes.

 

Le CAP 

Le Protocole d’Alerte Commun permet justement de diffuser un message d’alerte cohérent quelques soient les techniques déployées. Issu de la recherche universitaire et d’un recensement des bonnes pratiques, le CAP peut-il être la réponse attendue par les autorités publiques ? Sera-t-il conforme aux exigences de la commission européenne et pourrait-il être adopté par l’ensemble des pays concernés ? Gageons qu’un effort de normalisation des alertes d’urgence peut conduire à une uniformisation des systèmes déployés et que cela sera fait au bénéfice des populations de plus en plus sensible aux questions de sécurité.

 

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