La gestion des appels d’urgence est-elle en crise ?

Numéro unique mais objectif commun

L’Europe continue d’être une cible privilégiée pour les terroristes.  Cependant, d’autres phénomènes imprévisibles, catastrophes naturelles, accidents ferroviaires ou aériens peuvent concerner à la fois la population et les forces de l’ordre. Comme dans tout système de protection, les outils de communication et leur vitesse de transmission sont des éléments essentiels pour éviter les paniques, les fausses informations et les crises d’angoisse. Une décision européenne a d’ailleurs été prise dernièrement, trois ans après les terribles attentats de novembre de Paris.

Rapidité et efficacité

Cette décision européenne annonce un réel changement de paradigme, puisqu’on enverra désormais les alertes via des sms sur les téléphones portables des citoyens. Sans aucune manipulation particulière et en fonction de sa situation géographique, toute personne présente dans la zone définie recevra directement une alerte. Il suffira d’une connexion à une antenne téléphonique située dans le périmètre de la zone en alerte pour recevoir un état de de la situation et des risques encourus. La France, comme l’ensemble des Etats membres de l’UE, a devant elle trois ans et demi pour développer la technologie. Ce système existe déjà aux Pays-Bas depuis 2012 et la Belgique a réalisé quelques tests, dont une alerte incendie à Bruxelles l’an dernier.

Quelles autres solutions ?

Rappelons que l’échec relatif du système français SAIP tient au faible nombre de téléchargements de l’application par la population, puisque moins d’un million de personnes y ont eu recours. L’Etat a récemment souhaité basculer le système d’alerte sur les réseaux sociaux, notamment en partenariat avec Facebook et Twitter. Cette “association” a soulevé quelques protestations et pose le problème du respect des données recueillies par les géants américains. On peut aussi objecter que lors des inondations dans le sud-est en 2018, l’alerte n’a pas été déclenchée sur la zone concernée. Là encore, il serait bon de se questionner sur d’éventuelles défaillances humaines dans la chaîne de décision.

Coût et accessibilité

Le nouveau système proposé devra nécessairement utiliser la géolocalisation des téléphones mobiles. Il faudra alors fournir la position de chacun à la plateforme sans que cela ne génère de coût. D’autre part, il faut rappeler que garantir l’accès à l’information pour tous devient de nos jours une nécessité, spécialement pour les personnes avec un handicap. Si le vecteur est le SMS, il faudra également lui adjoindre la voix, la vidéo et tout type de messages écrits. On le comprend, la nouvelle réglementation va provoquer de nombreux changements. Sans oublier les quelques craintes suscitées quant à l’efficacité accrue ou non d’un tel système.

Comme le rappelle Benoit Vivier, le directeur des affaires publiques de l’EENA : « nous avions déjà les moyens et la technologie, mais jusqu’ici nous avons échoué à les actionner de manière performante. Le nouveau texte doit garantir que nous y parviendrons tous ensemble ». L’objectif est de sauver des vies et de donner les bonnes informations au bon moment à tous ceux qui pourraient s’exposer à un réel danger.