Le robot livreur, enjeux et perspectives d’un nouveau marché

Depuis le temps qu’on en parlait, il fallait bien que cela arrive ! Starship Technologies et Sodexo l’ont annoncé de concert, la livraison des repas via des robots est en cours sur les campus nord-américains. Pizza, burgers ou café Starbucks, les étudiants vont pouvoir ne plus quitter leur nid douillet. Un gentil robot assurera la livraison pour ne plus perdre de temps lors des repas. Mark Kraner, le directeur exécutif des opérations de détail de l’université George Mason à Fairfax (VA), s’est dit « ravi » de cette nouveauté. « Cela va améliorer la vie de tout le monde au sein de l’Université, et c’est quelque chose que nous cherchons constamment à faire », a-t-il déclaré. D’autant que les 25 robots ne craignent ni la pluie, ni le froid, pour un délai de livraison réduit à 15 minutes.

 

Robot livreur, « malbouffe » à volonté

Ce sont les mêmes robots que Starships Technologies a déjà déployés l’an dernier dans la Silicon Valley pour quelques entreprises. Des robots qui étaient initialement développés pour explorer des territoires inconnus comme Mars, et qui désormais sont rééduqués en livreur. Mais faut-il se réjouir de leur arrivée dans les universités ? Si nous mettons au point toute sorte de machine évitant aux humains de faire le moindre effort, n’allons-nous pas perdre notre mobilité ? A l’heure où le risque d’obésité touche les jeunes générations, il convient sans doute de s’interroger.

 

Mais comment fonctionnent ces robots livreurs ?

Les robots sont bourrés de capteurs et via une alimentation électrique. Leurs six roues leur permettent de se déplacer simplement. Dopé à l’Intelligence Artificielle et capable d’apprendre leurs chemins, les robots peuvent réellement remplacer un livreur. Suivi en temps réel sur une appli par celui qui passe la commande, ils sont fiables et dignes de confiance. Les robots ont un périmètre d’intervention limité à 3 kilomètres, se déplacent à la vitesse de l’homme et peuvent transporter jusqu’à 20 kg (d’après les données de son constructeur). Rien d’exceptionnel en termes de performance, mais le gros avantage est leur disponibilité permanente. L’autre atout positif -outre les économies de coût- est la très faible empreinte carbone.

 

Qui se cache derrière ces robots livreurs ?

Très récemment le rachat de Dispatch – concurrent de Starship – par un géant du web et membre des GAFAM a suscité quelques commentaires. En effet, la start-up américaine avait déjà testé des robots en campus universitaire avant de disparaitre des radars. Or TechCrunch révèle ce mois-ci qu’Amazon a discrètement mis la main sur cette société, au moment même où elle rachetait Whole Foods ! Elle annonçait dans le même temps avoir développé Scout, un robot livreur étrangement proche de celui que Dispatch testait avant son rachat ! Alors une compétition entre robots livreurs peut-elle se dérouler prochainement sous nos fenêtres ?

 

Nous n’en sommes pas encore là ! Les robots de Starship ont été mal accueillis lors des premiers tests et furent même victimes de malveillance. Sachant qu’une livraison par robot ne coûte que deux euros environ, le marché est pourtant énorme. Encore faut-il que l’homme adopte la machine ! On le constate, les humains gardent, pour un temps non négligeable, le pouvoir de décider de leur futur. La technologie est capable de performances incroyables, mais il lui faut nous séduire davantage pour que nous acceptions qu’elle remplace d’autres humains imparfaits mais finalement plus proches de nous.

 

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