Interview Frédéric Gérard – Bouygues Télécom Entreprises

Bonjour !

Je suis Frédéric Gérard, le directeur de l’accélérateur Smart X 5G du groupe Bouygues. Cet accélérateur, c’est une démarche qu’a lancé le groupe Bouygues dans le cadre de la 5G, pour adresser toutes les verticales que la 5G va permettre de développer en nouvelles solutions. Smart X, parce que cela va adresser les smart cities, les smart buildings, les smart chantiers, des domaines dans lesquels le groupe Bouygues est déjà actif, mais qui n’est pas centré que sur le groupe et qui est bien ouvert aussi à des partenariats externes.

 

SSC : La mobilité est-elle une source de business ?

FG : La mobilité oui ! Cela va être une source de business dans l’avenir. On le voit bien avec des « Uber », on voit bien qu’avec la 5G, la mobilité va être encore plus autonome, connectée et en partage. Et ceci parce que les véhicules autonomes connectés, avec la 5G, on va être capable de les télé-opérer dans les cas de figure où ils ne seront pas totalement autonomes. Cela permettra de réaliser des usages, aussi bien pour transporter des personnes que des biens. Et donc, la mobilité va devenir un gros enjeu dans les années à venir, avec des transformations importantes grâce à la 5G.

 

SSC : Comment est-ce que l’on va intégrer l’Intelligence Artificielle à la mobilité de demain ?

FG : D’abord la mobilité en 5G, cela veut dire plus de débit, une plus faible latence, et puis, des applications qui seront encore plus proches des clients parce qu’on aura des technologies dans notre réseau qui permettront de les rapprocher des clients. Ce qui veut dire que l’Intelligence Artificielle qui consomme beaucoup de ressources de calcul, va pouvoir être mise dans le cloud, et utilisée dans des applicatifs pour les mobiles avec un temps de latence qui sera tout à fait appréciable pour les clients parce qu’il sera suffisamment faible pour que l’interface soit assez vive et dynamique.

 

SSC : Si l’on va vers l’hyper mobilité, n’y-a-t-il pas un enjeu de sécurité ? Comment traiter la sécurité des données et des personnes dans la mobilité ?

 FG : La sécurité c’est toujours un sujet très important. Les opérateurs y sont extrêmement sensibles. Ils sont aussi extrêmement contrôlés. Je crois qu’on a la chance en Europe d’avoir un cadre réglementaire qui assez clair sur la sécurité et sur la sécurité des infrastructures télécoms. La 5G nous promet d’être encore plus sécurisés, puisqu’elle aura des sécurités intrinsèques encore plus fortes sur la gestion d’identité, sur les logiciels qu’on fera tourner, sur les sécurités des communications, et même sur la gestion des données personnelles. Et puis quand on n’est pas dans la 5G, et qu’on est dans les applicatifs, on a des cadres réglementaires qui sont assez clairs avec la GDPR, qui nous permettent de savoir ce que l’on peut faire et ce que l’on ne peut pas faire. Je crois donc qu’on a un aura un cadre suffisamment clair pour l’ensemble des acteurs. La 5G aura aussi des équipements réseaux virtualisés, et dans ce cadre-là, il y a une agence en France qui s’appelle ANSSI, qui certifie l’ensemble de ces équipements de réseaux. On a l’ensemble des acteurs du marché qui vont se mobiliser pour faire en sorte que ce soit une réussite au niveau de la sécurité.

 

SSC : Ce ne sera donc pas bridant pour l’innovation ?

FG : L’innovation sur la 5G va être assez importante. Elle sera dans le BtoB, elle sera dans l’industrie. Dans l’industrie où on a des process qui sont critiques, ne pas avoir de sécurité ce serait finalement interdire ces process là. Je crois que la sécurité va, au contraire, servir à aller chercher des domaines d’innovation dans l’industrie qu’on ne pourrait pas aller chercher sans.

 

SSC : si on se tourne vers l’avenir, quel serait l’outil qui, demain, vous rendrait plus mobile ?

FG : Je crois que la réalité augmentée sera un outil de demain encore plus mobile. Pourquoi ? Parce qu’il y a énormément de cas d’application dans lesquels un travailleur va avoir besoin de ses mains sur le terrain, tout en ayant besoin d’informations. Avec la réalité augmentée, finalement, on est capable de lui apporter de l’information en lui libérant les mains. Un casque de réalité augmentée qui utiliserait la 5G, serait vraiment une percée intéressante en termes de capacité à faire de la mobilité et des nouveaux cas d’usage.

 

SSC : Quel serait votre envie, votre rêve pour dans 2 ou 3 ans ?

FG : La 5G va permettre beaucoup de véhicules autonomes connectés. Personnellement, j’aimerais beaucoup être capable de prendre un drone autonome connecté et pouvoir me déplacer comme ça, en survolant Paris pour aller d’un point à un autre. Cela me permettrait d’aller plus vite et aussi de voir la vue qui est toujours assez incroyable. Ce serait un vrai souhait que l’on arrive à faire cette technologie, qui à mon sens d’ailleurs a plus besoin d’une bonne batterie que de connexion, puisque la 5G sera là en temps et en heure pour le faire. Je compte sur les fabricants de batterie pour nous faire vivre cette expérience incroyable ! Les technologies sont prêtes, les drones sont prêts., les télécommunications sont prêtes. Je sais qu’Intel a fait des démonstrations qui montre que pour la coordination des drones en vol, on est prêt. Ce qu’on attend aujourd’hui, c’est avoir plus de vingt minutes de vol, parce que je ne veux pas imaginer ce qu’il se passe quant au bout de vingt minutes de vol, cela se met à sonner dans tous les sens, et ça, je préfère le laisser à d’autres !..

 

Merci Frédéric !

 

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