Interview Gwen Rabier – directeur du salon Mobility for Business

Gwen Rabier pour Safe&Smart City:

Bonjour !

Je suis Gwen Rabier, le directeur du salon Mobility for Business, nous sommes en train de vivre la 8ème édition du salon, à la Porte de Versailles de Paris. C’est le salon des solutions mobiles pour les professionnels qui, depuis sa création, s’est adapté au changement, à la transformation digitale de entreprises, comme on a coutume de le dire. On essaye au travers des conférences et des stands, de montrer tout le panel des solutions à destination des professionnels, des décideurs, de tous ceux qui viennent visiter le salon, en nombre cette année, ce qui est plutôt une belle tendance.

SSC : Est-ce que la mobilité est une source de business ?

GR : La mobilité n’est pas une source de business, elle est business ! Pour être plus précis, on ne peut plus travailler sans solution mobile. Aujourd’hui tous les corps de métier ont une obligation de connexion. Tous les professionnels ont une obligation de connexion permanente que l’on peut qualifier d’hyper-connexion et donc de résultats induits par cette hyper-connexion. On est connecté pour être informé, on est connecté pour être joint, pour être connecté parfois, c’est pragmatique, mais on est connecté partout. Connecté quand on part de chez soi, dans les transports, que ce soit en voiture ou en transport en commun et on est connecté au bureau. Et de plus en plus, dans ce qu’on appelle le digital workplace, on a besoin d’outils collaboratifs pour être connecté de la même manière, dans sa voiture, chez soi et au bureau. On est donc en perpétuelle recherche de confort de connexion, ce qui est un signe que nous travaillons plus, de partout et tout le temps. Bien ou pas bien, je ne peux pas en juger. Le salon essaye en conséquence de proposer des solutions pour tout le monde.

 

SSC : Dans une vision d’utopie réaliste, quel outil idéal vous rendrait plus mobile ?

GR : Aujourd’hui on est déjà très bien équipé. On a tendance à penser que rester immobile mais connecté, c’est de la mobilité. Ainsi, on n’a plus besoin de se déplacer pour rencontrer des gens, avec la visio-conférence par exemple, et même dans une société on a des outils collaboratifs qui nous permettent de communiquer avec le voisin, d’échanger, de partager pendant des réunions. L’outil idéal ce serait de s’affranchir du hardware, de l’outil et d’avoir, comme dans « minority report », une connexion ou l’on veut, avoir un écran sur un mur, sur table, ça existe déjà… Mais cela nous rendrait trop aliéné à mon avis. Donc contentons-nous de ce qu’on a déjà en ce moment…

 

SSC : Ce qui nous amène à nous demander si l’humain, ne cherche pas à compenser sa faible mobilité par la technologie ?

GR : Vous voulez dire que l’on s’est sédentarisé ? Oui parce qu’on a envahi la terre. C’est un sujet de prédilection pour moi. L’homme a été mobile pendant des milliers d’années. Cela fait 20 000 ans que l’homme est beaucoup moins mobile parce qu’il a conquis la terre entière. Et donc a n’a plus besoin de bouger pour se déplacer. C’est un fait, on peut voyager aujourd’hui sans se déplacer. Est-ce une avancée humaine, sociologique, ou bien est-ce un frein ? J’ai tendance à dire plutôt un frein, mais la réalité virtuelle, la réalité augmentée, ont des avantages dans le monde professionnel. En revanche, dans le monde humain, je ne vois pas beaucoup d’intérêts à vivre avec des hologrammes.

 

SSC : Dès lors, faut-il choisir entre agilité et mobilité ?

GR : Non, je pense que les deux sont compatibles. Je pense qu’on a le droit de se déconnecter, de se connecter à des moments privilégiés et que la mobilité doit être un outil et non pas un asservissement, pour le développement du business et surtout de l’homme, et de ses capacités à créer un relationnel avec d’autres individus.

 

SSC : Finalement, quelle envie, quel rêve pour les trois ans à venir ?

GR : D’abord un désir d’expansion, donc de bouger, donc d’être mobile. Je pense que Mobility for Business, qui est un salon unique au monde, de par sa cible et son format, est tout à fait duplicable dans d’autres pays. La volonté des équipes du salon, et de moi-même, c’est d’essayer de reproduire le schéma de Mobility, l’emmener dans d’autres pays, et montrer que la mobilité c’est d’abord un service à l’humain. Il existe aujourd’hui sur ce salon des solutions qui permettent à certaines populations dans le monde de communiquer alors qu’elles sont loin de tout, et ainsi de pouvoir s’intégrer plus entièrement dans le monde, et donc de vivre mieux, que leur quotidien qui ne pouvait pas être aussi confortable que celui d’autres pays. La mobilité a aussi des avantages et pouvoir exporter ce modèle et cette philosophie dans plusieurs autres pays, ce serait un beau challenge pour nous.

SSC : Merci Gwen !

 

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