Israël, le nouveau laboratoire des constructeurs automobiles

Destination Israël

A l’instar de Seat (groupe Volkswagen) nombreux sont les constructeurs automobiles qui ont débarqué en Israël, via des rapprochements capitalistiques ou des partenariats avec ces start-ups qui entendent révolutionner notre mobilité.

Seat a décidé de franchir une étape supplémentaire, ici, à Tel-Aviv, pour des motifs stratégiques, car nous voulons être connus comme une entreprise de technologie qui offre de la mobilité plutôt qu’un simple constructeur automobile “, déclarait à la presse Matthias Rabe, vice-président de Seat pour la Recherche et Développement.

Alors pourquoi cet engouement et comment sont sélectionnées les entreprises qui entrent dans le giron des grands constructeurs ?

La technologie de pointe israélienne est le fruit de la recherche appliquée au domaine militaire et à la sécurité. Or il est évident que les investissements et le soutien de l’Etat sur ces sujets sont majeurs, depuis plusieurs décennies. D’ailleurs, la cyber-sécurité est un autre axe fort de la high-tech israélienne et de nombreuses sociétés informatiques y ont aussi leurs sièges ou leurs centres de recherche.

Dans l’automobile, tous les grands noms sont présents : General Motors, Renault-Nissan, Tesla, Toyota, Fiat, BMW et Mercedes Benz, pour ne citer que ceux-là. Parmi les exemples de sociétés innovantes qui attirent les génies de coding venus du monde entier, citons Mobileye, devenue le leader mondial des systèmes anti-collisions, ou Autotalks, qui développe des puces électroniques permettant une haute connectivité des véhicules, leur permettant ainsi de communiquer leurs positions.

De nombreuses applications sont à bord de nos véhicules

Mobileye, racheté en 2017 par Intel, annonçait par la voix de son patron, Amnon Shashua, au CES18 à Las Vegas, avoir vendu plus de 8 millions de puces EyeQ (le produit vedette de l’entreprise). Protection des cyclistes, évitement de collisions pour les bus ou les poids-lourds, les applications sont nombreuses et tous les grands acteurs en ont équipé leurs véhicules (ou le feront sur les prochains modèles produits à grande échelle). Mais le meilleur est à venir avec la nouvelle star :

« l’EyeQ4H, [entrée] en production en mars 2018, affiche 2.5 TOPS (milliers de milliards d’opérations par seconde) de performance pour une puissance de 6 Watts. »

En plus de ces avancées en performance, d’autres voies s’ouvrent à la start-up, comme un nouveau programme destiné à crowdsourcer la cartographie HD des routes, pour la conduite autonome. Près de 2 millions de voitures seront équipées de la REM (Road Experience Management) en 2019, et fabriquées par BMW, Nissan et Volkswagen. Et Amnon Shashua d’ajouter que

« Toutes les autoroutes japonaises sont en train d’être cartographiées à l’heure actuelle, et nous avons d’autres partenariats sur le sujet qui arrivent en 2019 ».

 

Hyundai investit dans les microprocesseurs

De son côté, Autotalks annonce que Hyundai va investir massivement dans sa technologie pour le développement de microprocesseurs (à base d’ARM Cortex A7) dédiés aux V2V et V2X aussi bien pour les voitures que les motos. L’objectif fixé est à plus long terme, puisque des véhicules autonomes de niveau 4 devraient voir le jour à l’horizon 2021. La communication directe entre véhicules permet d’éviter certaines erreurs d’analyse des données fournies par d’autres systèmes dans des conditions délicates (comme par exemple une météo très défavorable). Volvo, dont la mission de marque est d’abord la sécurité des personnes, a déjà décidé de travailler avec Autotalks et sa technologie V2X.

On le voit les centres de recherche se regroupent dans des Etats dynamiques et par spécialité. Le marché du véhicule autonome fournit un champ d’expériences énorme ; comme un clin d’œil aux pôles de compétitivité français ?

 

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