La livraison en consigne n’est pas encore une habitude pour le consommateur !

Les cyberacheteurs n‘ont pas encore adopté la consigne comme mode de livraison. Seuls 12% d’entre eux seraient favorables à ce mode de mise à disponibilité d’une commande ! Et pourtant de grandes marques, de très gros acteurs du marché de la logistique et de la livraison ont cru et croit encore au développement du concept. Rien d’anormal à ce que la livraison au domicile soit préférée par les français (88%) comme par tous les clients européens du e-commerce, mais pourquoi cette défiance quand le drive lancé par les distributeurs a été mieux accueilli ?

 

Consignes automatiques : apprenons de nos échecs

Le fiasco du polonais Inpost qui promettait plus de 1000 consignes automatiques installées et qui avait séduit bon nombre de grands distributeurs (CDiscount, Grosbill ou Promod,…) a laissé des traces. Il a surtout révélé deux clés majeures de réussite pour ce modèle : d’une part, la taille critique en nombre de points de collecte (consignes) et d’autre part, la fluidité de la technologie qui doit rendre l’usage simple et performant. On évalue à 10 secondes le temps nécessaire à la collecte d’un colis en consigne, à la double condition que la consigne soit proche et que l’information arrive dans le bon timing sur l’Appli du cyberacheteur. Si l’expérience est fluide, nul doute que le client verra l’avantage d’une liberté totale quant au moment où il se rendra jusqu’à la consigne pour y récupérer sa commande. Le fameux 24/24 et 7/7 étant une promesse tenue dans cette hypothèse.

 

Le jeu en mérite-t-il la chandelle ?

A en croire le partenariat signé entre Amazon et les gares de la SNCF, répondre oui n’est pas absurde. Amazon Locker, consigne automatique du géant américain, sera ainsi déployée dans 980 gares de France. De quoi assurer un service supplémentaire délivré en gare et aussi d’y créer un peu plus de trafic. Amazon supportera entièrement les coûts relatifs à ce nouveau dispositif. Pourtant,

les consignes coûtent chères : le double d’un point relais classique chez un commerçant. Il faut compter l’installation, la maintenance, l’entretien et le loyer de l’emplacement, souvent en zone très fréquentée“,  détaille Jean-Sébastien Léridon, directeur général de Relais Colis (dans une interview accordée au JDN).

 

Les consignes séduisent les grandes marques

De leur côté les grandes marques ont également recours aux consignes comme les 350 installées sous le nom de Pick-up station (groupe Dpd) ; ainsi Nespresso, Zalando ou encore Kiabi, sont des adeptes et réalisent parfois près de 10% de leur chiffre d’affaires via ces points de livraison. D’après Pick-up qui gère quelques 36 286 points relais en Europe, près de 95% de la population se situerait à moins de 15 minutes d’un point du réseau Pick-Up ! Le succès semble à portée de tous, puisque Pick-Up promet à chaque point relais un gain de trafic important, un accroissement de 15% du CA réalisé et cerise sur le gâteau, une commission de 35 centimes d’euro par colis délivré.

 

La livraison : un business en pleine explosion

Le business de la livraison est en pleine explosion et il réinvente par exemple, la notion de proximité. Cette demande des cyberacheteurs à pouvoir être servi au plus vite et au plus près de là où il se trouve à un moment précis de leur journée, est à la fois paradoxale et hyper exigeante pour les acteurs de la logistique. La consigne automatique et intelligente peut être une réponse. Elle doit encore gagner la confiance des consommateurs et dépend certainement de la qualité et de la rapidité de l’information transmise.

 

 

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