La Tour Alto, casse-tête infernal de la sécurité

Les média demeurent friands de mots clés tendance et la smart city en fait partie depuis déjà quelques temps. De nouveaux projets émergent dans tous les coins de la planète et même tout près de chez nous, puisque de nouvelles tours sortent de terre, à la Défense.

Ainsi la tour Alto, projet lancé par Bouygues Construction, située à proximité de la tour First haute de 231 mètres (la plus haute de France), et toujours en pleine construction, promet d’intégrer les nouvelles technologies.

Une occasion de faire le point sur la sécurité de ces lieux de travail qui réunissent plusieurs milliers de salariés et parfois, de nombreuses entreprises différentes.

 

1.Comment gérer la sécurité et les flux de personnes ou de matériels

Car si nous aimons tous l’idée d’une tour intelligente et hyper connectée, notre mémoire collective n’arrive pas pour autant à effacer certaines images et la peur qu’elles ont engendrée.

Sécuriser les données et les personnes reste donc un enjeu majeur avant même d’envisager améliorer la performance. Il va de soi de rappeler que c’est la fusion des données qui permet l’analyse et la création de nouveaux services.

Nicolas Seailles est ingénieur travaux chez Bouygues Construction, en charge des corps d’état techniques sur la Tour Alto. Il explique notamment :

« Les corps de métier travaillaient en silo jusque là. L’idée est de leur montrer que la data doit les pousser non seulement à développer des appli par métier mais aussi de faire communiquer entre elles ces différentes applications afin d’optimiser chacune d’entre elles. La gestion des ascenseurs, du contrôle d’accès, mais aussi de l’éclairage ou de l’accès à la restauration, peuvent trouver des sources de progrès dans l’échange des informations émises par leurs utilisateurs. On doit ainsi pouvoir créer de la valeur et améliorer en continu les services proposés par le bâtiment. L’intelligence artificielle permettra de définir les cas d’usage et d’enrichir chaque service ».

 

2. Comment sécuriser les données qui servent à l’élaboration en temps réel de services adaptés aux usages des uns et des autres

Le partage des données reste une initiative volontaire et personnelle dans la plupart des cas. Les habitants de la tour ne doivent donc avoir aucun doute sur l’intégrité du stockage et du traitement de la data par les différents opérateurs associés au projet immobilier.

Nicolas nous précise d’ailleurs que : « deux choses sont très importantes dans le numérique : la protection des données personnelles et la sécurisation, pour lesquelles il existe aujourd’hui des certifications ANSII et RGPD. Et la technologie permet justement de ne pas entrer dans ce côté pervers, de ne pas avoir un effet « Big Brother ». L’objectif restant que les personnes partagent leurs données avec leur consentement. »

 

3. Comment maitriser les accès et les communications

Si les individus ont adopté très rapidement les derniers changements technologiques, il faut les garantir contre les éventuelles failles. Et un bâtiment ne pourra être réellement intelligent sans une exploitation hyper sécurisée de la data qu’il générera.

« Ce qui change aujourd’hui, c’est que 100% des gens ont des smartphones et que l’on y concentre toute l’intelligence ; par exemple, on y met nos empreintes, notre visage, donc on peut savoir exactement qui est derrière le téléphone et quels sont ses comportements. Idéalement, si je sors de mon bureau pour aller dans l’espace détente, le robot livreur de mon repas, recevra cette information et viendra me retrouver au bon endroit. Tous les flux de personnes et de services associés seront ainsi optimisés au travers de nouveaux cas d’usage», conclut Nicolas.

 

Les projets de smart building, tournés vers l’utilisateur, proposent une meilleure fluidité et un plus grand confort d’usage. Ils doivent aussi prendre en compte les risques liés à la mobilité des personnes et à la communication accrue des données qui la caractérise.

 

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