La sécurité des centres commerciaux en 2018

Il y a eu Nairobi en 2013, et puis les attentats en France contre Charlie Hebdo ou le Bataclan et la prise de conscience s’est propagée comme une trainée de poudre. La sécurité des espaces publics et par extension des centres commerciaux est devenue un enjeu majeur pour les Etats mais aussi les commerçants ou les exploitants de centres commerciaux. Comment réduire au minimum le risque, comment s’équiper, quelle stratégie mettre en œuvre sont autant de questions cruciales pour conserver la confiance du public ?

 

Quelle stratégie mettre en œuvre pour conserver la confiance du public ?

Dans un entretien relaté par le portail de l’Intelligence Economique, Rodolphe Proust, directeur de la sûreté du groupe Altarea Cogedim (41 contres commerciaux en France), expliquait que

« la prise de conscience du secteur est donc certaine. Le Conseil National des centres Commerciaux (CNCC) s’est également doté d’une sous-commission Sûreté, à laquelle nous participons activement. Au sein d’Altarea Cogediml’incident malveillant et principalement l’attaque terroriste dans un centre est considéré comme le premier risqueEn effet, lors d’un pic de fréquentation tels que les soldes ou encore Noël, un centre peut accueillir près de 40 000 personnes par jour. »

 

La sûreté des centres commerciaux

S’il existe évidemment au sein des centres commerciaux une réglementation et un Responsable Unique de la Sécurité (RUS), conformément à la loi, il n’en est pas encore de même pour la sûreté. Des discussions au plus haut niveau (de l’Etat) sont encore en cours sur ce sujet. Pour l’instant la sûreté est majoritairement confiée à des prestataires extérieurs, qu’il s’agisse du personnel ou des moyens techniques, ce qui implique un contrôle permanent et un travail de sensibilisation au contexte local par le responsable du centre, ou par le gestionnaire. Des formations en e-learning sont le plus souvent administrées aux différents personnels mais sont davantage un guide des bonnes pratiques propre à chaque centre commercial qu’une réglementation nationale. Par ailleurs, des acteurs comme Alatrea Cogedim ou Klepierre, organisent des exercices de simulation d’attaque terroriste (par exemple) afin de valider les réactions et les plans prévus. Le recours aux systèmes de vidéo-surveillance reste difficile car la protection de la vie privée et l’interdiction de surveiller le personnel au travail sont des freins importants à leur déploiement.

 

Un risque pris en compte

Mais le risque est bien pris en compte et des experts du monde entier conseillent ou sont recrutés par les principaux gestionnaires de centres commerciaux.

« Nous avons subi 13 attaques à main armée en 2016 dans nos centres sur plus de 10.000 en France, alors que nous voyons passer des dizaines de millions de personnesLes centres commerciaux sont les plus sûrs des établissements recevant du public, nous devons ce confort à nos clients”, déclarait en 2017 aux Echos, Jean-Marc Jestin, le président de Klépierre.

Rappelons qu’il y a 150 000 personnes qui travaillent à la sécurité des centres commerciaux en France et que la sécurité mobilise un budget de 2,5 millions et 70 personnes en moyenne par centre.

 

Si 100 paires d’yeux valent mieux qu’une, il est clair que la technologie devrait pouvoir aider à prendre en temps réel les bonnes décisions et prévenir les situations d’urgence.

 

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