Le manque de sécurité des données est-il un mobile pour se débarrasser de son smartphone ?

Une question épineuse a soulevé nombre de questions au Mobile Word Congress de 2019… la sécurité des données sur smartphone. Le salon de Barcelone regroupait  du 25 au 28 février tous les acteurs de la téléphonie mobile. Les fabricants, experts et passionnés de téléphonie se réunissent chaque année pour exposer les dernières innovations en la matière.

C’est le bon endroit pour découvrir les tendances des prochaines années. Ainsi, ce qui nous apparaît aujourd’hui comme extraordinaire viendra à devenir désuet, victime de l’obsolescence programmée ou des effets de mode.

En effet, une étude mondiale menée par Kantar World Panel en 2017 a statué que la durée de vie d’un portable stagne aux alentours de 2 ans. En France particulièrement, la moyenne tourne autour de 22 mois tout comme aux Etats-Unis.

 

Votre mobile s’auto-détruira en cas de piratage

Vous pensiez qu’une destruction programmée de votre mobile était mission impossible ?

C’était sans compter la diligence des fabricants de portable. En effet, pour supprimer tout accès à des données privées, il fallait détruire le moyen d’y accéder. Autrement dit votre portable. Des capteurs sont intégrés au téléphone et détectent la moindre tentative d’intrusion forcée. Il peut s’agir d’une ouverture forcée de l’appareil, ou même d’une extraction de la carte mémoire.

Mais n’allez pas imaginer que votre portable partira en fumée à peine un bouton actionné ! Votre téléphone restera intact. Néanmoins, la mémoire de votre smartphone sera effacée et votre appareil désactivé aussitôt les capteurs déclenchés.

 

Le paradoxe 5G

Vous attendez la 5G comme le Messie ?

Ces capacités en termes de chargement et de puissance restent indéniables et nous font espérer des vitesses inégalées de téléchargement (jusqu’à 20 gigabits/seconde). Cependant, vous risquez d’être déçus en ce qui concerne le volet sécurité. On nous a promis une sécurité premium avec un réseau utilisant un langage crypté de l’appareil et du réseau. Toutefois, les chercheurs révèlent que la 5G a aussi ses failles. On parle notamment de risques inhérent à la 5G :

  • d’écoute d’appels pirates
  • de traçabilité concernant la géolocalisation d’appareils
  • de fausses antennes relais capables d’intercepter le réseau et utilisées par les forces de l’ordre pour suivre et surveiller des suspects dans le cadre d’une enquête.

Ce qui explique d’ailleurs pourquoi on a renforcé le système de protection de la 5G avec le protocole AKA (Authentification et Key Agreement). Il valide l’authentification du téléphone sur les réseaux cellulaires en utilisant  des clés pour chiffrer les communications.

 

Les « applicavores », les premières cibles

Avec la survenue des applications dans l’univers du mobile, les utilisateurs ont vite devenus accrochés à ces logiciels à télécharger sur leur téléphone. Pratiques, ils conviennent à une utilisation mobile et permettent d’accéder plus facilement à des jeux ou à une plateforme de services.

Cependant, on constate depuis quelques temps une nouvelle forme de piratage des données avec l’apparition de fausses applications. Copiant l’apparence de vos applications habituelles, elles enregistrent vos données personnelles afin de réutiliser les informations bancaires collectées à des fins malveillantes. Ce serait apparemment les détenteurs de portables Androïd qui seraient les plus exposés à ce risque.

Alors, n’oubliez pas, si vous souhaitez télécharger une appli, rendez-vous sur le site officiel de la marque ou utilisez une plateforme de téléchargement recommandée et sécurisée (ex : Google Play).

 

Vous l’aurez compris : aucun système ni logiciel ne permet aujourd’hui d’assurer la sécurité de vos informations personnelles. La sécurité repose encore beaucoup trop sur l’identification et l’authentification du téléphone lors de la connexion. Egalement concernées, les cartes SIM où sont stockées les clés d’identifications partagées avec les réseaux. Dans ce contexte, il devient difficile de ne pas craindre une future escalade dans le piratage des smartphones quand on sait aujourd’hui que les deux tiers de la population mondiale utilisent un téléphone portable.

 

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