Avant de partir en vacances, pensez à la cybersécurité !

Selon le 17ème baromètre sur les pratiques touristiques des Français publié par le cabinet Raffour interactif, 66% des Français sont partis en vacances en 2018. En revanche, 80 % des voyageurs sont restés en métropole.

Depuis quelques années, les Français sont assez frileux à l’idée de se rendre à l’étranger. A plus forte raison pour les professionnels du tourisme qui ressentent cette hésitation et constatent la rigueur des contrôles en ce qui concerne la réservation des voyages.

En effet, face à la menace terroriste, plusieurs secteurs se retrouvent confrontés à des exigences de plus en plus restrictives. Alors que le secteur de la sécurité privée se retrouve en hausse de 40%, le secteur des voyagistes lui se dote de réglementations qui durcissent l’accès aux frontières.

 

Les pirates de l’air en ont après vos données

Si ce n’est pas à vous d’y penser, les autorités le feront pour vous ! Faire une demande de visa, entrer dans un pays n’est pas si simple. Ce qu’on appelle le PNR (Passenger Name Record) permet de vous identifier auprès des autorités. En jeu, la sécurité des vols. Cet enregistrement contient toutes les données du voyage. Composé d’un identifiant unique de 6 caractères alphanumériques appelé Record locator, il permet aux systèmes de réservation de centraliser les informations des voyageurs et les répertorier par vol, année, voyage, etc…

Un PNR rassemble :

  • Le nom du (ou des) passager(s)
  • L’itinéraire
  • Ies informations de contact du ou des participant(s) ;
  • Les détails des vols.

Sont également mentionnés les éventuelles réservations et préférences de vol.

 

Les informations de votre voyage dans la ligne de mire de la CNIL

Pourtant, tout le monde n’adhère pas à ce système. En effet, la CNIL y voit une atteinte au respect de la vie privée. De plus, le possible transfert de ces données vers les Etats-Unis comporte un risque de fuite plus important. La législation américaine étant réputée pour son manque de rigueur en la matière comparé à l’Union européenne.

Depuis, en France, la loi de 2006 relative à la lutte contre le terrorisme a contraint les compagnies de transport ferroviaires, aériennes et maritimes à transmettre les données PNR à la police et à la gendarmerie.

Désormais, ces données peuvent être comparées avec le Fichier des personnes recherchées (FPR) ainsi qu’avec le Système d’information Schengen (SIS) dans l’objectif d’assurer la sécurité des passagers. Ces données seront conservées pendant une durée de 5 ans pour les voyageurs provenant ou se rendant dans des pays hors Union européenne.

 

Cathay Pacific et British Airways, 2 victimes de piratage

Nous sommes ici face à un sujet sensible. Ces derniers mois ont été le théâtre des exactions des pirates. Fin octobre 2018, la compagnie aérienne hong-kongaise Cathay Pacific a annoncé le vol de données de 9 millions de clients dont 860.000 numéros de passeport. Plus proche encore, la compagnie British Airways a elle aussi avoué s’être fait subtiliser pas moins de 429.000 cartes de paiement.

 

Il va sans dire que les compagnies doivent maintenant œuvrer de concert pour trouver un système efficace de gestion des données sous peine de voir une désertion massive des voyageurs. Selon le site du Routard et d’après une étude de 2019, 1/3 des Français a ainsi diminué son budget voyage avec une dépense moyenne de 1 307 € pour les vacances.

 

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