La trottinette, objet de mobilité branché

On parle de voitures électriques, de bus électriques, de diversifier les transports en commun avec l’évolution des trams, trains, métros et autres transports ferrés mais a-t-on pensé aux EDP ?

Pour rappel, l’acronyme EDP caractérise ce qu’on appelle les Engins de Déplacement Personnel. En France, cette appellation regroupe tous les engins à motorisation électrique comme la trottinette, le gyropode, l’hoverboard ou la monoroue. Ces modes de transport ont la particularité de ne transporter qu’une personne et de faciliter les déplacements de l’usager sur la voie publique.

La trottinette électrique répond à ce problème. A l’origine, elle n’était d’ailleurs envisagée que comme un jouet et plus utilisée pour le loisir. Depuis, elle est devenue l’accessoire indispensable des tous les citadins pour se déplacer dans les rues des grandes villes et slalomer entre les piétons.

Plus rapide et plus maniable que tous les autres types de transport, la trottinette est particulièrement plébiscitée depuis son passage à l’électrique.

 

La trottinette électrique, la panacée de la mobilité

*Le marché de la trottinette électrique a atteint les 278 millions d’euros en 2018. Là où, pour le même secteur, on comptait 134 millions en 2016 et 210 millions en 2017. On peut dire que les chiffres ont doublé en 2 ans grâce à l’explosion des ventes de trottinettes électriques en 2018. En effet, 2018 a enregistré 129% d’augmentation comparé à 2017. Ce bond s’explique par des prix au rabais pour inciter à l’achat (les trottinettes n’ont pas toujours été à la mode) ainsi que par le gain de temps. On suppose également l’influence du bouche à oreille… N’oublions pas que le meilleur ambassadeur d’un produit/service reste le client !

Pourtant, cet engouement national ne porte que sur les trottinettes électriques. Les trottinettes mécaniques ont, quant à elles, chuté de 20%.

 

A quoi est dû l’engouement pour les EDP ?

D’après Jean Ambert, le directeur général de Smart Mobility Lab : “Il y a un vrai basculement sur l’électrique, et sur la mobilité urbaine qui prend le pas sur la mobilité loisirs”.

En effet, on parle ici de trottinettes électriques mais sont aussi concernés hoverboards, skate-boards électriques, gyroroues et gyropodes.

Selon Jean Ambert, la faute/cause revient aux retards imputés aux transports publics et aux voitures. La population trouve ainsi, avec ces nouveaux moyens de transport, une réponse à son besoin de ponctualité. De plus, la praticité des EDP reste un atout non négligeable. Pas besoin de permis pour conduire ces engins qui, selon l’intéressé, ont pour avantage d’être « très maniables et très mobiles » à la fois.

 

Les services de trottinettes en libre-service sous tension

La ville de Nantes a montré plus d’une fois qu’elle était réfractaire aux trottinettes électriques sur son espace public. La loi n’a en effet pas encore statué sur les limites de leur utilisation. C’est pourquoi la ville de Nantes préfère rester prudente face à ce nouveau type de mobilité. Ainsi, la mairie a déjà saisi les flottes de deux compagnies (en octobre 2018 et en mars 2019). Elles avaient en effet essayé d’outrepasser la décision de la ville en matière de free floating.

Le free floating désigne la possibilité de laisser sa trottinette un peu partout en ville après utilisation. Plus besoin de bornes ! Une aubaine pour les utilisateurs mais un véritable cauchemar pour les riverains qui retrouvent les rues un peu trop encombrées de ces engins.

 

Pari(s) gagné pour la trottinette électrique ?

En juin 2018, on voyait d’ailleurs les premières trottinettes en libre-service essaimer les rues piétonnes de la capitale française. Lime, la société à l’origine de cette avancée misait sur le calque du modèle de l’autopartage aux NVEI (Nouveaux Véhicules Électriques Individuels). Cet opérateur américain n’en était pas à son coût d’essai puisqu’il se trouve être le leader mondial des trottinettes en free floating.  Le concept a depuis fait des émules avec les huit autres entreprises qui se sont depuis implantées dans la capitale.

Devant cette offre florissante, la mairie de Paris a fait part de sa décision de taxer ces nouvelles firmes en fonction du nombre d’engins qu’elles déploient. Lille, Toulouse, Strasbourg et Bordeaux l’ont déjà fait. A raison puisque la capitale compte désormais pas moins de 15.000 trottinettes en libre-service pour 2 millions de trajets, et 315.000 usagers pour Lime contre 110.000 pour Bird (chiffres du Figaro.fr).

 

La trottinette plus rapide que le métro

Lime et l’institut Odoxa ont d’ailleurs mené une étude d’opinion 1511 franciliens au mois de février 2019, utilisateurs de Lime ou non. Et le résultat est édifiant :

  • 11% des Parisiens ont adopté cet engin comme un nouvel outil de mobilité contre 5% des Franciliens
  • en moyenne, ces usagers estiment avoir gagné 11 minutes sur leur trajet domicile-travail. Soit 1/3 du temps passé dans les transports en commun.

Pratique et économique

De plus en plus abordables, le prix des trottinettes a diminué de 767 euros en 2016 à 477 en 2018. Quant au libre-service, on constate que les montants restent les mêmes entre les compagnies. Il vous suffira de de débourser 15 centimes par minute d’utilisation et de payer 1 euro pour débloquer la trottinette. Excepté pour la firme Dot qui met en avant la gratuité du déblocage. Seule la compagnie Hive propose la réservation (payante) d’une trottinette.

Les prix sont identiques à Lyon. Cependant, on retrouve des tarifs spéciaux :

  • Strasbourg et Colmar s’associent avec la SNCF pour proposer une réduction avec la carte
  • et les quartiers d’affaires comme la Plaine Saint-Denis  avec une tarification de 1€/30 min. ou 5€/5h). Et La Défense et Versailles avec 2€/h.

Avec un tel engouement, on pourra peut-être bientôt rêver à des rollers ou des skate-board en libre-service. Si désormais les objets de loisir servent la mobilité, tout s’annonce possible…

 

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*Chiffres provenant du baromètre de la Fédération des professionnels de la micro-mobilité (FP2M) et de l’agence de prospective Smart Mobility Lab.