La technologie de la reconnaissance faciale au service des aéroports internationaux

Au-delà de la question de la sécurité omniprésente depuis les attentats du World Trade Center en 2001, la reconnaissance faciale a également pour but de fluidifier les allées et venues des passagers au sein des aéroports. La technologie biométrique n’était jusque-là réservée qu’aux empreintes digitales pour les passeports et les téléphones portables. Depuis, on l’utilise de plus en plus dans la sécurité aéroportuaire.

De nombreuses compagnies internationales ont déjà franchi le cap comme British Airways à Orlando, Jetblue à New York-JFK ou Delta à Minneapolis.

 

Objectif n°1 : réduire au maximum le temps d’escale des avions

Lufthansa n’est pas la première compagnie aérienne européenne à avoir mis en place ce type de système. Les aéroports de Roissy Charles de Gaulle et Lyon-Saint Exupéry ont déjà testé ce dispositif. Pour le passager, il suffit de présenter son visage devant la caméra 3D pour que des capteurs détectent les zones pré-enregistrées de chaque faciès et identifie le propriétaire du passeport. La caméra procède alors à un relevé de différents points caractéristiques du visage tels que l’écartement des yeux, les arêtes du nez ou la forme du menton.

Les résultats sont édifiants. Partout où ce système a été instauré, on comptabilise une gestion des flux optimisée avec un embarquement plus rapide :

  • A Orlando, British Airways peut embarquer 240 passagers en 10 minutes
  • A Miami, le processus dure moins de 2 secondes par passager, avec un taux de réussite de 99 %*.

L’Australie souhaite d’ici 2020 automatiser 90 % du traitement des passagers dans les aéroports à l’aide de la reconnaissance faciale. La ville de Londres, quant à elle, espère l’utiliser pour le métro avec l’objectif de faire passer environ 70 personnes à la minute par rangée de portiques.

Selon une étude de 2018, 77 % des aéroports et 71 % des compagnies aériennes ont prévu d’investir dans les technologies d’identification biométrique dans les trois ans.

 

Objectif n°2 : assurer la sécurité dans les aéroports

On peut ainsi rêver d’un aéroport futuriste où tout serait automatisé et plus rapide. Moins de temps d’attente, moins de frustration, moins de stress à l’idée de partir en vacances. Ne reste plus qu’aux gouvernements européens à généraliser ce type de service dans les aéroports de l’espace Schengen. Faciliter la circulation des personnes sous l’œil de la sécurité reste une priorité pour favoriser et créer des échanges commerciaux, sociaux ou culturels au sein même de l’Europe.

D’ailleurs, 59 % des aéroports et 63 % des compagnies prévoient notamment de recourir à des portes d’embarquement à reconnaissance faciale.

Ce juste milieu reste problématique : comment instaurer de nouvelles règles de sécurité sans être intrusif ? Les limites de la vie privée sont trop souvent bafouées dans un contexte de sécurité nationale comme se trouvent de trop nombreux pays actuellement. Observer un cadre de sécurité avec bienveillance devient une problématique récurrente avec l’émergence de nouveaux dangers tels que la cybersécurité.

 

En France, on ne dispose encore d’aucun chiffre même si l’on constate comme partout ailleurs la rapidité de la prise en charge des passagers. Il est prouvé que les sas allègent le travail des postes aux frontières en associant un visage à la photo figurant sur le passeport.

Cependant, l’arrivée de ces innovations est retardée par la CNIL (Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés) qui veille aux respect des libertés des citoyens. Toute entreprise privée qui souhaite mettre en place un système de reconnaissance faciale doit d’abord obtenir son autorisation. Le fichier des données biométriques à traiter doit être prévu par un décret en Conseil d’État, et doit recueillir un avis consultatif de la Cnil. Il reste à espérer que l’évolution de ce type de dispositif ne suscitera pas de polémique sur ce qui touche à la sécurité.

 

*source police des frontières américaines

 

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