Le bus, ce nouvel objet connecté !

Prendre le bus est-il encore un réflexe citoyen ?

Prendre le bus est-il encore un réflexe citoyen ? Ce moyen de transport en commun universel mais qui semble être le plus lent, peut-il encore créer de la valeur dans une économie en pleine mutation numérique ? On estime par exemple, que sa vitesse commerciale est à Paris à peine plus élevée que 10Km/h, ce qu’un cycliste lambda dépasse en sifflotant. En Amérique de Sud, dès qu’il devient possible aux habitants de faire autrement, ils quittent le bus (souvent bondé) pour tout autre facilité (la voiture en premier lieu). La ponctualité dans le déplacement est le premier facteur de décision des citoyens des villes et malgré l’instauration massive des couloirs qui leurs sont réservés, on ne peut que constater que partout dans le monde le recours au bus est en repli (A Londres, les fameux bus à étage, ou sans étage, ont vu leur trafic chuter de près de 5% pour la seule année 2014/2015 !).

 

Alors quelle solution pour l’économie du bus, au-delà d’une loi de type Macron, qui vise à pousser le développement de lignes de bus intercités dans l’hexagone ?

Et si la réponse était dans le cloud ? Les bus sont en effet une formidable usine à data. C’est en tout cas, ce que la compagnie de bus Ruter d’Oslo, capitale norvégienne, imagine et prétend avec force. En investissant lourdement dans une nouvelle infrastructure informatique, la compagnie de bus, souhaite agréger toutes les données disponibles et relatives aux déplacements des habitants de la capitale. Elle se propose de les « vendre » ensuite à la ville, pour une meilleure compréhension des usages et des comportements de la population.

 

« Cela signifie passer de systèmes fermés et dépendants d’un fournisseur où les données sont conservées en interne à des données de l’ensemble de la flotte de transport à disposition de l’espace public. Tous les capteurs environnementaux du bus, comme la vitesse du trafic, la lumière, le bruit, pollution, ect … seront en principe disponibles publiquement » déclare à la presse, le PDG de Ruter, Bernt Reitan Jenssen.

 

Or la ville a lancé un appel d’offres et la compagnie Ruter pense faire la différence avec ses compétiteurs grâce à sa capacité à fournir une data exploitable pour la municipalité. Un moyen de gagner un marché qui devrait inspirer d’autres secteurs d’activités. Car les données recueillies ne sont pas seulement des coordonnées GPS et permettent d’envisager de nouveaux services pour les habitants, bien au-delà des enjeux de circulation ou d’environnement.

 

« Nous parlons d’une nouvelle triangulaire, avec les clients, les fournisseurs et les autres utilisateurs, pour créer une nouvelle coexistence basée sur le partage de données. C’est ce que nous appelons le “bus as a service“ », ajoute ce patron technophile.

 

D’autres facteurs d’évolution expliquent la chute récente des transports en commun, comme l’essor des VTC, l’engouement pour le vélo, l’éloignement plus fort du centre-ville, et le bus devenu cher et finalement trop lent, subit de plein fouet cette mutation. Pour autant, les villes ont intérêt à en maintenir l’existence et l’usage. On peut espérer que le modèle norvégien basée sur l’exploitation de la data redonnera un espoir à ce moyen de déplacement convivial.

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