Vers une mobilité aérienne : les coulisses du partenariat Airbus et RATP

L’info de ces dernières semaines n’aura échappé à personne. Les géants du transport aérien (Airbus) et routier/ferroviaire (RATP) vont collaborer pour proposer un modèle de navette volante. Avec ce nouveau mode de transport en commun, il sera possible de voyager dans les airs pour se rendre à son travail depuis son domicile.

Si le transport n’était jusqu’ici envisagé que de manière terrestre, il semblerait que les récentes avancées technologiques en termes d’intelligence artificielle et d’amélioration des drones aient donné des idées à la RATP.

 

Des navettes volantes dans le ciel parisien, est-ce possible ?

De ces deux compagnies, on retient surtout leur expertise propre, chacune dans son domaine d’activité. Cependant, la voie aérienne n’est aujourd’hui utilisée que pour les longs trajets parcourant plusieurs kilomètres. Le pari semble donc osé si ce n’est risqué.

Autre obstacle, la législation française qui interdit à tout aéronef le survol de la capitale pour des raisons de sécurité. Un sacré coup dur pour ces géants du transport qui ne désespèrent pour autant. Si ce système ne bénéficie pas d’une dérogation, les navettes volantes pourront desservir la banlieue et ainsi désencombrer les réseaux de transport parisiens.

Airbus/RATP : alliés ou adversaires dans la mobilité ?

En outre, les impératifs diffèrent.

Selon, Catherine Guillouard, PDG de la RATP, « développer une nouvelle mobilité et de nouveaux services pour la ville de demain » doit être une priorité. Si la phase de test s’avère concluante, le projet sera déployé à l’international et les usagers pourront bénéficier de ce service pour un montant de 1 ou 2€/km.

Guillaume Faury, le président exécutif d’Airbus, préfère avancer l’argument sécuritaire. Si ce dernier n’est pas inquiet quant à la concrétisation de ce partenariat, il insiste cependant sur la volonté d’intégrer ce nouveau dispositif dans la vie quotidienne des Franciliens. En effet, pour lui, pas question de continuer si la sécurité n’est pas au cœur du projet.

 

Un quinquennat rempli de promesses

Airbus et RATP se laissent 5 ans pour mettre en service ce concept de navettes volantes en Ile-de-France. Ces 5 ans paraissent bien courts au vu de la réalisation, de la construction d’un ou plusieurs prototypes et des multiples tests éventuels.

D’autant que le projet est ambitieux. Ces navettes doivent disposer de l’espace nécessaire pour pouvoir transporter jusqu’à 6 passagers. Les lecteurs les plus attentifs auront noté qu’on ne parle pas ici de conducteurs mais bien de passagers car les navettes seront en plus totalement autonomes.

Aucune crainte à avoir ! Rappelons que l’autonomie des transports en commun n’est plus une innovation en France. L’Ile-de-France l’a déjà démontré avec les nombreux tramways et le métro des lignes 1 et 14. A terme, l’objectif est d’ailleurs pour la région d’automatiser les lignes de métro les plus fréquentées.

 

L’Ile-deFrance, grande gagnante de cette collaboration

En effet, l’objectif premier de la région est de réduire le trafic routier de moitié d’ici 2050. Si la congestion des autoroutes reste un réel casse-tête en Ile-de-France, la pollution atmosphérique en devient à tel point critique que des journées pendant lesquelles les transports franciliens sont gratuits sont régulièrement organisées. Inciter et faciliter l’accès aux transports en commun demeure un enjeu primordial pour la région.

Selon nos confrères du magazine Les Echos, on compte d’ailleurs 250.000 conducteurs chaque jour sur le trafic routier francilien.

 

Après la route, Uber veut conquérir l’espace

Et par espace s’entend ici l’espace aérien. Si le public s’avoue surpris mais pressé de voir ces modes de transport en activité, Airbus et RATP ne sont pourtant pas les seuls dans la course.

En effet, Uber a annoncé l’ouverture de l’ACTP (Advanced Technologies Centre in Paris) en automne 2019. Ce centre dédié à la recherche d’études sur le taxi volant bénéficie d’un budget de 20 millions d’euros répartis sur 5 ans. A l’issue, l’ACTP veut proposer une solution de transport aérien urbain à prix accessible déjà nommée Uber Elevate.

 

C’est donc aujourd’hui une bataille que se livrent tous les leaders du transport du marché… C’est à celui qui commercialisera la navette volante en premier.

Vers une course aux étoiles ou plutôt vers le ciel !

 

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