Les smart city peuvent-elles être « safe » ?

Dans une analyse extrêmement bien documentée, Weave nous interpelle sur la sécurité dans les villes du futur. Rappelons que l’une des caractéristiques de la Smart City est l’ouverture de l’accès aux données qu’elle recueille auprès de ses habitants. C’est certainement un risque assumé mais bien réel. Si dès 2030, on comptera plus de 40 villes de plus de 10 millions d’habitants, si dans le même temps les prévisions sur l’explosion du nombre d’objets connectés se réalisent (on évoque 28 milliards d’IoT dès 2020), on pourrait s’attendre à de nombreuses failles dans les systèmes.

Alors quels sont les risques encourus par les villes intelligentes ? Etre Smart serait-il dangereux pour les humains ?

Les principes de la Smart City sont de développer une économie numérique, de mieux partager les ressources, les espaces, les lieux de vie, de respecter l’environnement et de préserver la nature autant que possible, mais aussi de cohabiter et non plus simplement de coexister. Or ce dernier point n’est pas sans conséquence pour la sécurité. En effet, si des dizaines de millions de citoyens communiquent directement entre eux et avec d’autres entités économiques, si les échanges d’informations personnelles connaissent une évolution exponentielle, si les objets intelligents ou les applications sont constamment utilisées pour tout et par tous, le risque devient de plus en plus fort.

Une « surface d’attaque » qui augmente

Comme les spécialistes de la sécurité nous l’expliquent, la « surface d’attaque » augmente à la même vitesse que la technologie se répand dans nos usages quotidiens. Plus nous utilisons d’IoT et plus les points d’entrée vers la data se multiplient. Or tout étant connecté via internet, tout devient plus facilement atteignable, peu importe les pare-feux que nous imaginons. L’accès ou le détournement de données personnelles est un risque avec lequel nous vivons déjà. Mais quid de la prise de contrôle à distance de nos moyens de transport, de notre habitat ou du système de contrôle de la circulation ou d’éclairage de la ville entière ?

Plus le péril est grand et moins nous avons envie d’y penser ! Et pourtant, il faudrait sans nul doute intégrer la vision sécuritaire dans les projets de ville du futur. Quelques repères et réflexes sont faciles à lister : à commencer par le chiffrement des données, la sécurisation des réseaux et des serveurs, les mises à jour et les surveillances des logiciels et des applications et la mise en conformité des installations. Mais la clé du problème est ailleurs !

 

Smar tCity/Safe City : un manque de ressource humaine

C’est encore une fois l’humain qui pourra garantir sa propre sécurité dans un avenir numérique et robotisé. Dès aujourd’hui, nous manquons de personnes compétentes, de spécialistes de la sécurité et de formations aux nouveaux métiers que nos villes intelligentes réclameront très rapidement. Si les centres de recherche des géants du web aspirent les talents techniques et mathématiques, quel réservoir restera-t-il pour les villes et leurs fournisseurs de service ?

D’autre part, les collectivités devront aussi définir le cadre légal de la sécurité des personnes et des biens, et imaginer la place du citoyen dans une smart city, c’est aussi penser ses droits et ses devoirs, alors même qu’internet est fortement synonyme de libertés individuelle et collective.

 

Etre Smart c’est aussi être libre. L’humain dans la ville intelligente sera épanoui à la condition d’y évoluer en toute confiance et sans trop de contraintes. N’oublions pas que la sécurité est un facteur décisif d’acceptation du vivre ensemble.

 

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