La Tour Alto sera communicante et agile

Tour AltoLe projet La Défense a été imaginé dans les années 60. Pourtant, nul n’imaginait que 50 ans plus tard, plus de 250 000 personnes viendraient y travailler et qu’une cinquantaine de tours s’y élèveraient autour d’une esplanade d’une trentaine d’hectares, de la Grande Arche et d’un boulevard circulaire noyé dans le trafic et les souterrains.

Mais rien ne semble arrêter les architectes et leurs promoteurs et après la tour First (inaugurée en 2011) et l’hôtel Melia (terminé en 2015), de nouveaux projets voient le jour. Ainsi la tour Alto, projet confié à Bouygues construction, promet-elle d’accueillir près de 4000 travailleurs dans des bureaux ultra-modernes et équipés des dernières technologies.

Si les équipements, les moyens de transport se sont naturellement améliorés au fil des décennies, une réflexion sur les enjeux de mobilité s’impose. Comment faire mieux vivre ensemble, une population équivalente à une petite ville dans une tour d’une cinquantaine d’étages ?

Comment concevoir la mobilité à l’intérieur de ce bâtiment ?

Est-ce que les comportements et les usages des nouvelles générations peuvent être pris en compte dans l’élaboration d’un tel projet ? On le voit, les questions ne manquent pas et pour qui fréquente le RER A ou la ligne 1 du métro parisien, la destination La Défense ne fait sans doute plus rêver.

Alors comment motiver des investisseurs, des futurs locataires à emménager dans une tour nouvelle génération ?

« Je pense qu’avec les nouvelles technologies, on va obtenir tout un ensemble d’informations, que ce soit sur les gens, leurs mouvements, ou sur les objets, les bâtiments, et cela donne un fort potentiel à croiser ces informations, dans le respect du cadre du RGDP, notamment pour étudier ou améliorer leur mobilité », nous assure Nicolas Séailles, ingénieur travaux chez Bouygues Construction, en charge des corps d’état techniques sur la Tour Alto (près de 500 compagnons sont sous sa responsabilité et se coordonnent pour construire la tour).

« Il ne s’agit pas simplement de mètres carrés de bureaux, avec un plafond et de la moquette. Les gens vont vivre ici, aller au restaurant, ils vont utiliser les ascenseurs, aller voir leurs collègues. Il y aura certainement du flex office, du coworking, des bureaux plus standards … Dans la conception d’un projet aujourd’hui, on a les moyens d’avoir encore plus d’informations sur ce qui se passe dans le bâtiment pour coller au plus près des usages et de la future mobilité des personnes. »

 

S’intéresser de plus près aux déplacements des personnes

Surtout ceux qui utilisent les bureaux d’une tour, c’est prévoir leurs arrivées et départs, leurs réunions, leurs envies de se restaurer et d’accueillir des invités à l’occasion de colloques ou de conférences. Mais c’est aussi optimiser les locaux d’un simple clic, grâce à un système complexe de capteurs qui analysent en permanence les données individuelles pour en sortir des tendances, des cas d’usage. Une tour de ce genre doit être agile pour que la mobilité soit optimisée.

« Aujourd’hui dans le bâtiment on a plein d’informations dispatchées un peu partout ; il y a une forte ambition de créer des connexions et de rassembler toutes les informations. Des ponts sont en train de se créer, via des start-ups, et à un moment cela nous permettra d’aller plus vite et de créer de la valeur », nous confie Nicolas, fervent supporter de la technologie embarquée dans le bâtiment.

Il précise d’ailleurs également qu’il y aura pratiquement 3400 capteurs en bluetooth équipés de balises beacon dans la tour Alto. Ils « pourront faire un premier maillage de géolocalisation et de transmission d’informations. On y pense dès le début du chantier et peu importe le système d’exploitation des données qui viendra se greffer par la suite. C’est une garantie que la tour ne sera pas obsolète avant longtemps. »

 

On comprend ainsi que l’intelligence émergera d’une bonne utilisation des données personnelles des « habitants » de la tour. Une application centralisant tous les usages pourra notamment être mise à leur service pour littéralement « piloter » le bâtiment à leur avantage : modularité du bureau, prévision des déplacements à l’intérieur, adaptation à l’environnement extérieur. Une nouvelle vie se dessine à La Défense dans les bureaux du futur.

 

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