“Un territoire résilient est un territoire qui sait faire face à l’imprévu”

La ville de Paris est soumise à quantité de risques au quotidien. Sans pour autant être alarmiste, il faut reconnaître que la principale menace terroriste n’est pas la seule à prendre en compte. Les grèves et blocus massifs de ces dernières semaines avec l’actualité des gilets jaunes est en pleine ligne de mire. Les dangers climatiques, comme la canicule et les crues, sont devenus des craintes malheureusement chroniques. La canicule de cet été reste un triste rappel de celle de 2003, bien que cette-dernière n’ait causé que causé dix fois moins de morts (source Le Monde).

Face à ces nouveaux challenges, la ville de Paris a pour impératif de s’adapter et de proposer des solutions innovantes destinées à protéger la population d’aujourd’hui pour demain.

Les 6 enjeux prioritaires de la ville de Paris

Selon Sébastien Maire, Haut Responsable de la Résilience à Paris, un “territoire doit savoir faire face à l’imprévu par son infrastructure, une autorité compétente et la formation de ses administrés”. Un territoire résilient définit donc un territoire organisé face aux risques encourus. A Paris, on en dénombre six :

  1. les inégalités sociales, économiques et territoriales, et les risques pesant sur la cohésion sociale
  2. le risque terroriste et le contexte sécuritaire
  3. le dérèglement climatique
  4. la pollution de l’air (enjeu prioritaire pour la santé)
  5. la Seine et les risques liés au fleuve
  6. la gouvernance territoriale.

L’infrastructure, le ciment de la résilience

Les équipements vont garantir une protection physique contre un danger. L’objectif est d’anticiper les risques notamment ceux liés aux crues pour éviter que le territoire soit vulnérable. Si la reconstruction est la première solution invoquée, la réhabilitation des locaux est toute aussi nécessaire. Cependant, la question de la réhabilitation pose également l’obstacle de la préservation du patrimoine culturel. A savoir si les deux sont compatibles…

Un parcours de formation adapté pour les pouvoirs publics

Outre la question de la mobilité, le Grand Paris tient également une place importante dans le débat sur la résilience. En effet, les municipalités rurales et les institutions territoriales ont tout intérêt à travailler ensemble dans un esprit collaboratif. En cas de crise, il devient vital d’assurer une continuité d’activité des institutions. Les périodes de canicule ont d’ailleurs vu émerger une réserve solidaire d’agents retraités de la Ville de Paris. Composée d’une centaine de personnes, ces bénévoles sont d’anciens professionnels aptes et habilités à gérer ce type de situation.

La formation des nouveaux agents de service public représente également un des principaux défis de la stratégie de résilience. Chaque corps de métier a besoin d’une formation spécifique aux risques encourus.

La place du citoyen, entre solidarité et autonomie

Prenons comme exemple les grandes crues qu’a connues Paris ces dernières années. La ville a expérimenté un concept de réseau de citoyens solidaires entraînés à réagir en cas de crues et de canicule. Ils ont aussi été entraînés au dialogue avec les sans domicile fixe. Ces citoyens ont suivi pour cela une formation à la gestion de crise comme aux situations latentes.  Ce sont d’ailleurs les crises qui posent le plus de problème. En effet, on parle même de culture du risque pour expliquer que la population a plus tendance à céder la panique lorsqu’elle manque d’informations et de préparation.

Le rêve américain

En effet, incompréhensions, peurs et spéculations ne font jamais bon ménage. Pourtant, on peut voir que des stratégies de résilience ont déjà été testées et approuvées à San Francisco notamment. Ses habitants ont appris à vivre 72h seuls en totale autonomie. Ce procédé a fait ses preuves. Il a été démontré qu’il désengorgeait les services d’appel d’urgence qui se trouvent être les premiers sollicités en cas d’accident/catastrophe.

Aujourd’hui, des pistes de réflexion sont lancées pour Paris et des ateliers participatifs créés pour favoriser le dialogue. La population est impliquée à chaque étape. La communication devient d’ailleurs un réel enjeu pour la prévention des risques. En tout cas, c’est le nouveau défi que se lance la mairie de Paris.

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