Quand les pompiers s’intéressent à la robotique

Depuis l’incendie de Notre Dame de Paris, l’Etat et la population ne cessent d’acclamer les pompiers et de féliciter leurs bravoures.

Outre le fait que Notre Dame est un monument historique, et de surcroît, le plus visité d’Europe, la popularité de ce lieu mythique a poussé les media a filmé l’action des sapeurs-pompiers pour endiguer le feu.

Pour une rare fois à la télévision, on a pu voir les pompiers en pleine action et ce corps de métier a bénéficié d’un regain de popularité face à ce gigantesque incendie qui a tenu la population internationale en émoi.

 

Quelle est l’utilité d’un robot pour les pompiers ?

Force est de constater que sapeur-pompier reste un métier à risques. En effet, sur les dix dernières années, on a recensé 109 morts en service (d’après l’ODP, l’Oeuvre des Pupilles Orphelins).

Alors aujourd’hui quelles innovations utilisées par les sapeurs-pompiers leur permettent d’être plus opérationnels tout en préservant leur sécurité ?

 

Colossus, robot à la force tranquille

A première vue, on ne miserait pas sur ce robot. Petit (2 m de long – 1,5 m de large) et lent (3.5 km/heure), il est utilisé pour dresser l’état des lieux lors d’un incendie. Les températures excessives et la puissance des retours de flammes rendent dangereuse voire impossible l’immersion d’humains dans un périmètre hautement inflammable.

En l’envoyant au cœur des flammes, il peut réduire la température de manière drastique et accélérer l’extinction d’un incendie. Petit mais costaud, il peut projeter jusqu’à 3000 litres d’eau par minute. Sa caméra thermique l’aide à détecter l’émission de gaz dangereux et lui permet de donner des informations précises aux pompiers. Pesant pas moins de 500 kg, il peut également transporter du matériel et évacuer des blessés.

 

Qui est à l’origine de cette révolution dans la gestion des incendies ?

Shark Robotics est l’entreprise française qui a développé le Colossus. Son objectif était d’offrir aux pompiers un appui solide et autonome. Avec ses 10 heures d’autonomie, on peut le télécommander sur une portée de 5 km et il peut supporter une charge d’une tonne.

Encore en phase de test à Paris et à Bordeaux, l’entreprise compte maintenant commercialiser ce robot à Marseille et Charleroi (Belgique).

 

Un GPS intégré aux camions à incendie

L’initiative peut prêter à sourire. Toutefois, celle-ci peut s’avérer bien utile. Depuis l’été 2018, 95% des véhicules de pompiers de la Haute Marne en sont équipés. La géolocalisation est un système bien connu du grand public puisqu’elle permet aux individus comme aux véhicules de se situer dans l’espace et de trouver des itinéraires selon les paramètres fixés.

Pour les camions incendie, ce système embarqué permet de géolocaliser les bouches d’incendie et la position des camions les plus proches. A terme, cette innovation permettra surtout de réduire le délai d’arrivée sur les lieux sinistrés lors d’un départ de feu.

Reste à savoir si ces mêmes robots seront également capables de remplacer les pompiers pour leur calendrier… Pas sûr que celui-ci connaisse autant d’engouement.

 

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