Notre équipe était au salon Preventica pour assister au retour d’expériences du corps des sapeurs-pompiers belges

Les récents événements liés à Notre Dame de Paris nous ont rappelé à quel point le métier de sapeur-pompiers était essentiel à la vie d’une communauté. Par ailleurs, ce métier qui en fascine plus d’un a récemment fait l’objet d’une enquête HappyIndexAtWork qui l’a désigné comme le métier le plus dangereux et le moins aimé du public.

En effet, outre le salaire et le bien-être au sein des équipes, l’environnement de travail a été pris en compte, autrement dit :

  • le risque mortel lié à l’activité
  • les éventuelles blessures handicapantes liées à l’exercice des fonctions
  • et l’hostilité ambiante des scènes d’intervention (que ce soit de la part des parties prenantes ou au vu de l’ingérence des pompiers sur une scène d’intervention).

 

Pompiers en Belgique, une force d’intervention décentralisée

Le Commandant en second des pompiers de Bruxelles s’est rendu au salon Preventica du 21 au 23 mai 2019 pour témoigner de l’expertise des pompiers bruxellois et appelé au partage d’expériences.

Commençant par un état des lieux du territoire belge, il en a souligné la subdivision. La Belgique se divise en effet en 3 régions :

  • la région flamande
  • celle de Wallonnie
  • et Bruxelles.

Chaque région dispose ensuite de 3 niveaux potentiels d’évaluation d’une catastrophe :

  • communal
  • provincial (ex : Bruxelles)
  • et national.

Il y a également une obligation pour chaque commune d’avoir un plan d’intervention en cas d’urgence. Si la France dispose aussi de plans communaux de sauvegarde, la Belgique différencie la sauvegarde du plan opérationnel pour définir les stratégies.

A charge pour le bourgmestre de veiller à ce que la coordination se fasse. Là où les distinctions entre les responsabilités s’opèrent, le bourgmestre peut désigner dans son administration un planificateur d’urgence.

 

Pourquoi la Belgique est-elle sujette aux crises ?

Parce-que la métropole regroupe principalement des zones destinées aux logements et activités tertiaires. En effet, la capitale dénombre plus d’1,2 million de personnes mais très peu de sites industriels.

De plus, la particularité de Bruxelles est également d’accueillir bon nombre d’institutions, de sièges nationaux et de communautés européennes, dont notamment l’OTAN.

Cette affluence d’institutions politiques majeures fait de Bruxelles une cible privilégiée. Hormis le risque d’attentats, le nombres de grèves et de manifestations explose dans les villes qui concentrent beaucoup d’administrations publiques. Ce qui est d’ailleurs le cas à Bruxelles.

Sur 80.000 interventions par an, on en compte près de 1000 en rapport avec les grèves.

Rappelons également qu’un événement où la population est dense et hétéroclite est toujours plus sujet aux troubles (accidentels ou volontaires). En outre, l’accès des forces de secours y est souvent complexe.

 

Quelles sont les ressources de la brigade bruxelloise ?

En termes humains et logistiques, on recense 1700 pompiers dans la capitale.

Ces pompiers peuvent d’ailleurs couvrir 90% du territoire en moins de 9 minutes.

Ils disposent de surcroît d’une formation d’ambulanciers. Ce qui signifie qu’ils sont à même de pourvoir assurer un secours médical le cas échéant.

Cependant, la situation est assez disparate en Belgique. Certaines régions divisent les tâches affrétées aux pompiers entre celles inhérentes à l’extinction des incendies qui leur sont déléguées, et les ambulanciers du secteur privé réquisitionnés pour les urgences médicales.

 

Une répartition des tâches quasi-militaire

La particularité des pompiers bruxellois réside dans la formation de brigades spécialisées. On dénombre notamment les services de :

  • secours en hauteur
  • casual extraction team
  • intervention subaquatique
  • secours animalier
  • et aide à la recherche avec des chiens entraînés.

 

Discipline de fer

La « discipline » peut se définir par la division des forces d’intervention. Ces distinctions aident à mieux identifier les situations de crise et attribuer le commandement des opérations aux forces en présence mais surtout aux mieux entraînées pour y répondre :

  1. Services de secours
  2. Médicale avec prise en charge psychosociale
  3. Forces de l’ordre
  4. Logistique issue de la protection civile voire armée
  5. Administrative (prises de décisions et relations avec les médias).

 

La France dans le feu de l’action

En chiffres, la France comptabilise :

  • De 200 à 500 interventions/jour en France, soit à peu près 1 intervention toutes les 6 secondes
  • Plus de 900 camions de pompiers dont certains dotés de liaison satellite
  • Sans compter l’investissement dans les équipements de protection individuels adaptés. Les véhicules de détection avec spectromètres de masse en sont un bon exemple. D’une utilité rare mais nécessaire, ils servent à détecter l’ensemble des composés chimiques lors d’un sinistre.

Les pompiers de Lyon bénéficient en plus :

  • D’une formation adaptée et pertinente (ex : entraînement nocturne dans les aéroports pour les pompiers lyonnais)
  • De 2 unités mobiles de décontamination avec une capacité de 10 victimes invalides et de 50 valides par heure + 1 unité de décontamination bactériologique
  • D’un centre de traitement de l’alerte dédié aux pompiers.

Ce centre opérationnel départemental d’incendie et de secours réceptionne les 500.00 appels du 18/112 de l’ensemble du département Rhône et de la métropole lyonnaise.

 

On peut finalement conclure que la gestion des services de secours et d’incendie par les pompiers belges se démarque par son organisation stratégique du territoire et des forces sollicitées.

Au contraire de la France qui se concentre sur l’équipement et l’infrastructure afin de se doter du matériel nécessaire à la prise en charge rapide d’une intervention et l’évacuation de blessés.

 

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