La Suisse peut-elle passer à côté du phénomène de la smart city ?

La Suisse, petit pays à l’échelle du globe, est aussi un pays majeur pour le monde de la finance. Il représente aussi l’un des tous premiers en ce qui concerne le niveau et la qualité de vie. En matière de recherche scientifique, rappelons également que la Suisse héberge le CERN (Centre Européen de Recherche Nucléaire). Sans compter les marques d’horlogerie, mais aussi les nombreux laboratoires pharmaceutiques ou encore le géant de l’alimentation Nestlé.

 

Pourquoi les nouvelles technologies et la vision futuriste de la Smart City sont-elles si peu mises en avant ?

La première explication avancée par les spécialistes suisses, est la quantité de petits projets intégrant l’Intelligence Artificielle à un niveau hyper local. On peut également lister le manque de communication et de connexion entre ces projets. Or justement, la connexion des systèmes collectant des données est au cœur du débat !

De là à penser que l’on pourrait se servir des données des citoyens pour mettre en place leur surveillance, il n’y a qu’un pas que de nombreuses personnalités politiques n’ont aucun mal à franchir. « Les collectivités collectent nos données pour mieux nous servir, c’est beau sur le papier. Néanmoins, cela peut devenir une atteinte disproportionnée à la sphère privée », s’inquiète, par exemple, la conseillère nationale Lisa Mazzone (Verts/GE). D’autres sont plus modérés et tentent de rassurer l’opinion, comme le conseiller aux Etats Olivier Français (PLR/VD) qui déclare : « C’est vrai qu’il y a une inquiétude. Mais si on s’oppose à ce monde numérique, on se coupe de tout et on s’exclut dans notre bulle ».

 

Le danger de la cybersécurité pour la législation suisse

Depuis l’installation des caméras de surveillance dans l’Etat helvète, et avec l’arrivée de la reconnaissance faciale, un climat de peur a envahi les cantons. “Combien de caméras espionnent-elles notre quotidien?” s’interrogeait la presse, il y a peu. D’autant que l’efficacité de ces systèmes reste très contestée, et la population peu convaincue.

La particularité de la Suisse réside dans son mode de consultation local, canton par canton et même commune par commune. Or l’exploitation au niveau fédéral de données récupérées à un niveau local, se heurte à un certain vide juridique. Ce qui ouvre ainsi la porte à la contestation, comme l’affirme Christian Maquelin : « Il y a encore un flou juridique concernant l’implantation des caméras de surveillance ».

 

L’exemple de Sully, un smart city à l’échelle communale

Pour autant, il existe quelques projets locaux qui méritent le devant de la scène. Ainsi la petite bourgade de Pully, revendique être une smart city, quand bien même elle ne compte que 18.000 habitants ! « On nous jalouse un peu, car nous avons rapidement mis en œuvre plusieurs projets malgré notre petite taille », raconte Thierry Lassueur, chef de service à la Direction des travaux et des services industriels de Pully. La ville a même développé un site internet dédié à ses projets numériques sous le nom de domaine ambitieux de « smart.pully.ch ». On peut y consulter des projets tels que l’observatoire de la mobilité, la gestion à distance des bâtiments, ou encore le e-commerce communal, nouvelle manière de valoriser les produits de la commune comme le vin ou le bois.

 

Les valeurs de cette ville intelligente sont toutes autour de la praticité, de l’efficacité et de la convivialité mais il convient de souligner que la valeur clé reste l’humain au cœur du numérique, ce qui se traduit à Pully, par l’ouverture « d’une plateforme sociale numérique » à destination des seniors (24% de la population).

 

Tout n’est donc pas perdu au pays des cantons rois et la Suisse peut être smart autrement, en valorisant les initiatives locales.

 

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