De pure player à phygital, il n’y a qu’un pas : la diversification !

La frontière qui séparait les sites en ligne des boutiques ayant pignon sur rue n’existe plus. Toutes les plus grandes enseignes connues ont développé un site e-commerce. De la mode au high-tech en passant par le bricolage et la grande consommation, aucun secteur n’est épargné. Depuis une décennie, on compte d’ailleurs bon nombre de ces enseignes phygitales (contraction entre physique et digital) comme les plus populaires (ex : Carrefour, Leclerc ou Leroy Merlin).

Cependant aujourd’hui, on constate un effet inverse, ces enseignes online qui se lancent dans l’ouverture de concepts stores et de boutiques physiques…

 

Vépéciste, site e-commerce et boutiques physiques… Qui se cache derrière cette enseigne redoutable ?

D’autres se sont soldés par un cuisant échec, cette entreprise a traversé une phase difficile mais a su rebondir dernièrement avec une idée originale : une reconversion inespérée dans la décoration d’intérieur en magasin !

On arrête de faire durer le suspense… On parle bien ici de La Redoute qui après avoir été le leader français de la vente à distance pendant plusieurs années avait lancé l’ouverture de boutiques physiques pour la mode. A la fois relais-colis et point de vente, ces espaces privilégiés avaient pour but de centraliser les livraisons et faciliter les commandes…

Le concept pourtant bon n’avait pas trouvé preneur.

En effet, en ce qui concerne les livraisons, il y eût peu de réel impact sur le dernier kilomètre.

La marque a depuis favorisé l’implantation de ce service de point collecte à travers des commerces de proximité existants déjà au sein des villes par souci d’accès et d’image de marque.

 

Transformation phygitale de La Redoute, un exemple à suivre

A la suite de nombreux déboires économiques dont le rachat et la vente successive de l’entreprise et le licenciement de nombreux salariés au passage…

La Redoute a trouvé un nouvel essor à travers le développement d’une gamme centrée sur la maison.

La décoration d’intérieur a légitimé ses marques AM.PM. et La Redoute Intérieurs au point que le vépéciste (comprenez Vendeur Par Correspondance) a décidé d’ouvrir 53 corners dans les magasins Galeries Lafayette en 2019.

 

 

 

Avec 20 corners dédiés à la déco et 33 à la mode, La Redoute opère un retour en force. En effet, la marque a très bien compris que la décoration fait partie des leviers de croissance les plus importants actuellement.

Sandrine Guichard, directrice de la Maison pour La Redoute explique cet investissement par le besoin du client de tester avant d’acheter :

« Nous n’exposons certes que 5% de la collection mais nous voulons que les consommateurs se rendent compte de la qualité de notre offre. C’est un investissement commercial. »

 

Pourquoi AliExpress a-t-il décidé d’ouvrir un magasin à Madrid ?

Le concurrent chinois d’Amazon a ouvert en août 2019 sa 1ère boutique en Europe qui va accueillir les nouveautés électroniques en vente sur le site.

L’Espagne n’est d’ailleurs pas un choix anodin puisque qu’il s’avère être le 3ème marché à l’exportation pour AliExpress. Madrid est en effet une phase test censée légitimer l’ouverture de nombreuses autres boutiques dans un prochain avenir.

Suivant le modèle d’Apple : tous les produits de dernière technologie (smartphones, ordinateurs portables, jeux video…) sont disposés sur une table dans le magasin et prêts à être testés.

Le marketing émotionnel joue en effet un rôle prépondérant dans le succès d’une vente. Et cela AliExpress l’a très bien compris !

Par exemple, 71% des Français préfèrent le shopping en boutique plutôt que sur internet car cela leur offre l’occasion de toucher, sentier et essayer le produit.

Non content de jouer sur la corde sensible des acheteurs, AliExpress propose une large gamme de choix en magasin. On parle de pas moins de 1000 références et de 60 marques différentes avec en plus des conseillers présents dans les rayons afin de guider les futurs clients dans leurs achats.

Au marketing émotionnel s’ajoute donc ici l’expérience clients et la disponibilité du produit.

 

Physique ou digital, faut-il choisir ?

On pourrait redouter que la multitude de choix puisse faire perdre l’envie à certains clients d’acheter sur internet.

Bien au contraire, si le magasin permet de tester les produits avant l’achat et d’inciter le client à sauter le pas, la présence sur le net est indispensable car elle conforte l’internaute dans ses habitudes.

Et elle lui permet également de bénéficier d’avantages spécifiques au web comme de visualiser des avis sur les produits ou services qui l’intéresse.

De plus, c’est surtout l’occasion de profiter de réductions. En effet, les lois régissant la vente par internet ne sont pas les mêmes que les lois concernant les boutiques physiques. Généralement, considérées comme plus souples (ex : dropshipping), des écarts de prix sont permis et la mesure de la fréquentation du site y est plus facilement réalisable.

 

Bien trop souvent mis en opposition, le e-commerce et les boutiques physiques ne sont pas pour autant rivaux mais bien complémentaires.

La Redoute ouvre des boutiques mais garde son site e-commerce tout en continuant son offre de vente à distance avec des catalogues papier. L’un sert l’autre. La preuve ? En 2015, AM.PM. a amélioré son chiffre d’affaires de 10%, notamment grâce aux magasins.

AliExpress préfère utiliser le potentiel de la boutique avec la disponibilité immédiate du produit recherché et la possibilité de tester pour inciter à l’achat que ce soit en magasin ou même en ligne.

 

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