Une étude publiée par the Economist a répertorié les villes qui affichent le plus de sécurité pour la population

Pas de suspense… Aucune ville française, espagnole, anglaise ou américaine ne fait partie du classement bisannuel publié par The Economist Intelligence Unit et The Economist.

Les 3 premières du peloton sont asiatiques : 2 japonaises (Tokyo et Osaka) et Singapour.

  • Washington arrive 7ème alors que Paris n’arrive que 23ème.
  • Londres devance la capitale française à la 14ème
  • Et Madrid la talonne à la 25ème place, Barcelone à la 26ème.

Quels sont les critères de sélection de cette étude ?

L’indice évalue la sécurité urbaine parmi 60 des plus grandes villes au monde. Il examine 57 indicateurs clés dont les facteurs liés à la sécurité :

  • numérique
  • sanitaire
  • des infrastructures (à noter : Barcelone se hisse à la 3ème place pour ce critère particulier)
  • et civile.

Les villes en tête de l’indice offrent :

  • un accès facile à des soins de santé de haute qualité
  • des équipes dédiées à la cybersécurité
  • une politique de résilience pour assurer la continuité des opérations en cas de catastrophe
  • et des services de police de proximité.

 

«La recherche a également mis en évidence les liens profonds existant entre les différents types de sécurité: il est rare de trouver une ville avec de très bons résultats dans un pilier de sécurité et en retard dans d’autres.»

Naka Kondo, rédacteur en chef du dernier rapport Safe Cities.

 

Que faire pour rentrer dans ce palmarès ?

Sécurité numérique

On constate que les 5 premiers pays indiquent un faible nombre d’attaques cyber. Cependant, il ne suffit pas d’afficher un fort taux d’accès à internet pour la population mais de garantir également la sécurité numérique des internautes en termes de données personnelles et de ressources humaines et logistiques pour l’assurer.

La ville de Koweït en est le parfait exemple. Affichant un score de 98% en termes d’accès à internet, elle enregistre des attaques de logiciels malveillants allant de 20 à 30%, et chute donc à la 39ème place pour cet indicateur.

 

Domaine sanitaire

L’accès et la qualité des soins médicaux, l’hygiène alimentaire, la qualité de l’air et de l’eau ainsi que la rapidité des services de secours sont autant de paramètres à prendre en compte pour définir cet indicateur de mesure.

Pourtant, cet indice reste l’un des plus difficiles à établir étant donné les différences d’accès aux soins. On peut déduire par exemple que la situation économique des derniers pays de la liste ne juge pas de leur capacité à traiter les maladies mais plus du nombre de cas déclarés.

Loin de fausser les statistiques, ce paramètre inclut plutôt une dimension économique qui n’est pas essentielle pour les autres indicateurs.

 

La sécurité des infrastructures

Une bonne politique est essentielle pour devenir un leader dans ce domaine.

Ici, on remarque que les premiers ont tous entrepris dans l’année des vastes plans de gestion de la continuité, de protection des piétons ainsi que de renforcement des capacités institutionnelles concernant la gestion des risques de catastrophe naturelle.

Même en première place, Singapour, Osaka, Barcelone, Tokyo et Madrid offrent un bilan mitigé sur l’ensemble des infrastructures, particulièrement sur leur qualité.

L’exemple le plus notable reste celui d’Osaka relégué à la 22ème place pour la qualité de ses aéroports. En effet,  la ville enregistre des retards récurrents surs ses liaisons aériennes…
Et oui, ça compte aussi !

 

La sécurité civile

Nous allons retrouver ici tout ce qui a trait au maintien de l’ordre comme le déploiement de patrouilles de police régulières et l’utilisation des dernières technologies d’analyse des données.

Le résultat final est quelque peu contradictoire. Dans les villes les mieux notées comme Hong Kong et Tokyo, la corruption et le crime organisé restent un problème constant.

De même, la ville de Wellington a vu l’indice de consommation de drogues joué en sa défaveur le plaçant à la 56ème place. Pourtant, tous les facteurs combinés le font apparaître comme un modèle de safecity dans l’indicateur de sécurité civile (5ème place).

 

 

Pour beaucoup ce genre de publication ressemble à du verbiage universitaire mais loin de radoter les mêmes principes, elle permet de mettre en lumière les innovations et les défaillances des plus grandes villes. Si l’économie joue un rôle indéniable dans cette analyse, ce facteur n’est pas déterminant car on le voit, avec de moindres subventions, des villes Mumbaï ou Buenos Aires arrivent à assurer un service minimum.

Les villes ont tout intérêt à améliorer leurs services publics et particulièrement le volet safecity quand on sait que plus de la moitié de la population mondiale, soit 56%, vit actuellement en milieu urbain. Que fera-t-on quand le taux d’urbanisation aura augmenté ? On s’attend en effet à ce que ce chiffre passe à 68% en 2050 faisant craindre ainsi la surexploitation des services publics et l’augmentation du sentiment d’insécurité.

 

A lire également : Safe City ou ville sous surveillance : quand la technologie fait débat !