Google a la réponse à la problématique de la mobilité urbaine

Google est une gigantesque entreprise collectrice de données. Nos données personnelles sont devenues le pétrole du 21ème siècle et le géant américain l’exploite aussi pour améliorer la vie des habitants de la planète.

Ainsi la mobilité urbaine, enjeu majeur lorsqu’on sait que 68% de la population mondiale vit déjà en ville, doit être modélisée pour gagner en fluidité. Pour créer de meilleures conditions de circulations des biens et des personnes dans les cités du futur, il faudra non seulement optimiser les trajets mais aussi être capable de réagir aux situations difficiles en temps réel. C’est précisément la promesse de Replica.

 

Replica, l’ovni de la mobilité urbaine

Née il y a deux ans, cette entité incubée par Google dans son Sidewalk Lab, était un laboratoire de recherche, qui manipulait des données récoltées dans certaines métropoles pour mettre au point de nouveaux modèles de décision.

Récemment la start-up a levé ses propres fonds pour poursuivre son développement, étoffer ses équipes à Kansas City (USA), et lancer des offres sur le marché international. La proposition de valeur s’appuie sur les réponses au pourquoi, comment et quand se déplacent les populations citadines, en précisant et en identifiant des « modèles » par quartier ou par tranche horaire (par exemple).

 

QUID de l’anonymisation des données personnelles ?

Replica explique par la voix de son CEO, Nick Bowden, qu’il n’est pas question de traiter des informations individuelles mais, au contraire, d’étudier des effets de masse.

Néanmoins, la société applique les principes d’anonymisation de la donnée, en effaçant toute information permettant d’identifier l’individu émetteur (comme le numéro du téléphone portable, l’identité, la date de naissance, etc).

Le fondateur explique encore que si seulement 5% des observations sont nécessaires à établir des modèles de base, pour les rendre pertinents et efficaces il est impératif de scanner les données en temps réel. Se voulant éthique et respectueux des libertés individuelles, Nick Bowden a ouvert l’accès à ses modèles en Open Source, donnant ainsi l’opportunité à d’autres d’améliorer ou d’utiliser les avancées de Replica.

 

De l’intérêt de la modélisation

Désormais c’est en fournissant des cartographies dynamiques et des tableaux de bord « ready to use », que la start-up s’adresse aux autorités publiques en charge de l’urbanisme. Elle leur permet de mieux prévoir, de mieux agencer ou modifier les aménagements de la ville, mais aussi d’anticiper sur le vieillissement des infrastructures et leur remplacement. L’autre intérêt de la modélisation Replica, réside dans la finesse des analyses.

On sera ainsi en mesure de comprendre les raisons qui poussent 15% de la population empruntant tel itinéraire à le prendre en vélo ou en marchant, pour se rendre à son travail tandis qu’une autre part non négligeable prend la même route pour faire ses courses en voiture. Nul doute que l’on pourra ainsi mieux prévenir, mieux informer et mieux gérer nos futurs déplacements.

 

L’essor des start-ups spécialisées en géolocalisation

La géolocalisation des individus et des véhicules a déjà permis l’éclosion du modèle de Waze (racheté par Google en 2013 pour près d’un milliard de dollars). Traitée de façon globale et non plus individualisée, elle peut mettre en évidence les flux de mobilité et les expliquer. Replica promet que les villes pourront dès demain anticiper nos déplacements et les rendre plus agréables, sans que nos données personnelles ne soient jamais analysées ou même stockées.

 

Si nous n’avons pas envie de savoir que Google nous trace à chaque mouvement, nous pourrions avoir envie d’une ville plus intelligente et plus adaptée à nos envies de mobilité.

 

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