Retour sur la conférence à Parkopolis « Voitures connectées, véhicules autonomes et outils digitaux : vers quelle révolution ? »

Quand on parle de mobilité urbaine, on oublie bien trop souvent les villes et leur problème récurrent de stationnement. Si mobilité il y a, elle passe également par les parcs de stationnement. On ne peut imaginer un réseau de transport urbain congestionné par une offre de stationnement ankylosée.

Pour remédier à cet enjeu capital pour les collectivités, il y a Parkopolis. Un événement bisannuel qui rassemble tous les acteurs de la mobilité routière et du stationnement pour proposer les dernières innovations au municipalités.

 

La place de la voiture connectée/autonome dans l’évolution des parcs de stationnement

Pour la 14ème édition, une conférence a inauguré ce salon international le 19 juin 2019 sous le thème de la transformation de la ville avec les voitures connectées et autonomes.

Le véhicule connecté est déjà une réalité, il créée de la donnée sans même qu’on s’en rende compte. D’ailleurs on parle de véhicule connecté mais la réalité veut qu’il n’y ait pas un vrai besoin de doter une voiture d’outils ou d’appareils digitaux. Un simple smartphone suffit.

En effet, peu de Français disposent d’une voiture connectée mais 75%* de la population possède un smartphone (*Statista 2019). Toute voiture peut être connectée avec un téléphone adapté.

 

Un véhicule connecté doit juste répondre à trois impératifs :

  • C’est une voiture intelligente, c’est-à-dire qu’elle offre des services de personnalisation, d’aide à la conduite et de sécurisation des passagers.
  • Une voiture qui fait partie intégrante d’une infrastructure, un réseau de véhicules identiques, de prestataires assurant les qualités de services inhérentes à chaque véhicule.
  • Elle joue un rôle indéniable dans le développement harmonieux des villes : la gestion du trafic, le décongestionnement des voies, la sécurité des piétons….

Mais également dans les parcs de stationnement. Aujourd’hui, le parking est un lieu de passage, entre sortie et arrivée selon les heures d’affluence. Demain, l’aire de stationnement sera avant tout un hub de services. En effet, ce sera l’occasion de recharger le véhicule, de proposer/obtenir des informations sur la mobilité.

 

Stationnement robotisé à Lyon

Un des exemples probants est l’aéroport de Lyon Saint Exupéry. On vous en avait déjà parlé sur notre Twitter il y a quelques mois. Depuis le mois de mars 2019, le parking de Lyon est totalement autonome.

Pour rappel, l’entreprise Stanley Robotics a développé un service de robots voituriers. Ces petits agents autonomes prennent en charge votre voiture pour l’amener sur une place de stationnement préalablement enregistrée dans la base de données de l’ordinateur intégré.

L’alliance de la robotique et du machine learning établit un état des lieux des places disponibles en temps réel. L’objectif est ainsi de réaliser une optimisation prévisionnelle de l’espace en fonction des arrivées et des départs des usagers.

Ce système permet de bénéficier de 50 % de places en plus sur la même superficie, soit entre 500 et 2.000 places supplémentaires.

Une première mondiale en parking extérieur qui va inaugurer une nouvelle offre de marché au niveau du stationnement aussi bien public que privé. L’aéroport international Gatwick au Royaume-Uni sera le 2ème à utiliser ce dispositif dès l’été 2019.

NDLR : Cette solution n’est plus en phase de test et fait partie du panel de services proposé par l’aéroport aux passagers.

 

Solution de parking autonome à Issy-les-Moulineaux

Indigo est le leader mondial du stationnement et de la mobilité individuelle. Cisco, le leader mondial de la transformation numérique, de l’ITT et des réseaux. Valeo, un équipementier automobile français dont le cœur de métier est de développer des technologies intelligentes.

Le point commun entre ces 3 structures ? Un projet nommé « Cyber Valet Services », qui a pour but de transformer l’espace urbain à l’aide de la voiture connectée. L’automobiliste peut laisser les commandes de son véhicule au parking, à distance et via son téléphone.

Le parc de stationnement Camille Desmoulin a été équipé d’un dispositif embarqué de technologies basées sur l’intelligence artificielle, de bornes Wi-Fi et de capteurs vidéo pour pouvoir tester ce type de dispositif.

Les capteurs du véhicule permettent d’anticiper les moindres mouvements des autres voitures aussi bien que des personnes en toute sécurité. Ils ont aussi la capacité de contrôler à distance la trajectoire du véhicule grâce à la géolocalisation intégrée.

 

Quelles sont les évolutions à venir ?

Après le stationnement, on peut d’ores et déjà imaginer des solutions de « smart parking » qui proposeront aux automobilistes plus de services associés comme des lavages automatiques, des recharges de véhicules électriques ainsi que des maintenances régulières du véhicule.

Ce type de dispositif ouvre la voie à la diversification des parcs de stationnement mais surtout à sa mutation en un complexe d’offres de services. Bien entendu sous le regard de l’autonomie.

L’autonomie du véhicule sera donc la clé, là où se tournent dores et déjà tous les regards pour penser la mobilité et le stationnement de demain.

Mais une chose est sure : l’autonomie ne se fera pas sans le véhicule connecté.

A lire également : Le parking intelligent peut-il sauver les villes ?

 

Conférence du 19 juin 2019 sur le thème de “Voitures connectées, véhicules autonomes et outils digitaux : vers quelle révolution ?” avec :

* Laura Brun, Cheffe de projet Compte Mobilité, Pôle Mobilité et Transports de la région de Mulhouse.

* Jean-Laurent Dirx, Président de la Fédération nationale des Métiers du Stationnement

* Nadège Faul, Cheffe de projet « Nouveaux espaces de la ville pour l’écomobilité »

* Christophe Meunier-Jacob, Chargé de la mobilité connectée au Conseil National des Professions de l’Automobile (CNPA)