Suivi et traçabilité, au delà de l’enjeu de la livraison

Les chiffres de 2017 (d’une étude réalisée par le cabinet Talan Consullting) montraient toute l’étendue du problème : le recours à des opérations manuelles pour le suivi ou la traçabilité des marchandises comme de leur transport, était encore largement répandu dans le monde de l’entreprise. Certes les débats sur les avancées rapides de certaines techniques d’identification et de géolocalisation mobilisent les forums et les publications spécialisées, mais la réalité est toute autre : il reste d’énormes chantiers de transformation des habitudes et des normes à mettre en place.

A commencer sans aucun doute par la diversité des techniques employées ; on constate que le traçage « indoor » qui a recours à la RFID ou au Beacon est totalement différent du suivi « outdoor » des produits ou des moyens de transports, impliquant de plus en plus les IoT ou les réseaux 4G, 5G, et ceux basse fréquence de Sigfox ou LoRa. Dans ce contexte, assurer un suivi permanent et fluide dans toutes les situations, est une question qui induit une harmonisation ou une maîtrise globale de toutes les technologies utilisées.

 

Le suivi et la traçabilité est différent selon les pays et les secteurs d’activité

La situation est contrastée également selon les pays et les secteurs d’activité. Le principal producteur du monde, la Chine, utilise très majoritairement les codes-barres pour le traçage des produits manufacturés. Ce qui nécessite l’impression de ces codes-barres, leur pose sur des colis ou des emballages, et l’équipement en lecteurs en tout point de la chaîne logistique. Le passage à la RFID n’est pas encore acquis en 2018, et l’on comprend dès lors que le « smart packaging » n’est pas pour tout de suite.

Qu’en est-il dans le secteur pharmaceutique ?

Dans le secteur pharmaceutique, les dégâts causés par la contrefaçon sont énormes et s’il est relativement aisé de détourner un packaging imprimé, il sera bien plus compliqué de tromper des traceurs RFID. Ainsi par exemple, d’après une étude américaine, Pfizer aurait vu 60 de ses médicaments contrefaits (chiffres 2014). Le marché mondial de la contrefaçon de médicaments représentant entre 75 et 220 Milliards de dollars (selon les estimations) et pour l’Afrique et l’Asie c’est pratiquement 50% de la consommation de médicaments qui provient de la contrefaçon ! L’enjeu est donc de taille.

On peut remarquer que, si le client final est devenu extrêmement exigeant sur le suivi de sa commande, il n’est pas forcément très informé de la traçabilité du produit en amont de sa livraison. De nombreux « scandales » ont révélé des provenances ou des matières premières douteuses, voire des conditions de fabrication très peu éthiques employées par certaines marques. Les consommateurs auront-il un jour accès à toutes les informations et en toute transparence ? Les progrès de la technologie et des réseaux de transmission d’information seront-ils rapidement à notre disposition ?

Evidemment, les enjeux ne sont pas seulement limités à la qualité de l’information, ni à la sécurisation des produits, dans leur phase de production comme dans leur transport à travers le monde. Il demeure essentiel d’assurer une sécurité parfaite de l’information elle-même, qu’elle soit embarquée dans le produit via une puce RFID (par exemple) ou qu’elle soit transmise par un objet intelligent en direction d’un serveur ou d’un récepteur tiers. Tracer et suivre les objets et leurs moyens de transports est un marché en pleine expansion et en constante évolution. De très nombreuses opportunités de business sont à portée de nos imaginations.

 

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