Le véhicule autonome : du tram au bus

Développer l’autonomie de nos moyens de transport est devenu un enjeu crucial de la mobilité du futur. Nous avions déjà des métros autonomes un peu partout dans le monde, Barcelone, Paris, Pékin ou encore Tokyo. Puis, nous sommes passées aux navettes comme à Toulouse. Désormais, la voiture autonome est en phase de test aussi bien en Chine, qu’en Californie. Il en va de même pour les « flying taxi », gros défi de mobilité urbaine pour les prochaines années. Il semble à présent que cette autonomie des véhicules puisse améliorer considérablement le fameux dernier kilomètre des usagers des transports en commun.

Autonome et économe

Guillaume Pepy, le patron de la SNCF, nous annonce la mise en circulation de TGV autonomes d’ici 5 ans. Il y a une ambition réelle d’augmenter le trafic et d’améliorer la ponctualité des services desservants les grandes villes de France. « Sur un Paris-Lyon, on envisage de faire passer 16 rames par heure au lieu de 13 aujourd’hui, et diminuer d’un tiers le nombre de retards », prédit pour sa part, Luc Laroche, directeur du projet à la SNCF. Par ailleurs, la SNCF justifie cette mutation vers l’autonomie par des économies d’énergie substantielles, pour un meilleur respect de l’environnement. Le bel optimisme de Guillaume Pepy : « le train autonome, c’est l’avenir de la mobilité. Toutes les briques pour le construire existent déjà. Il nous reste juste à les combiner », contraste néanmoins avec l’impératif de rentabilité qui pousse à la fermeture des « petites gares » ou des « petites lignes ».

Auto, boulot, dodo

Cette nouvelle distribution des moyens met en lumière l’enjeu des derniers kilomètres. Il devient essentiel de proposer aux voyageurs des systèmes intégrés reliant départ et arrivée, pour un voyage « porte à porte ».

« On est dans une logique qui consiste à soigner l’itinéraire de bout en bout, avec une personnalisation de l’offre », note Mathieu Dunant, directeur de l’innovation à la RATP : « Un véhicule autonome vient vous chercher devant chez vous pour vous amener au mode lourd qui vous fera traverser une grande métropole, et à l’autre bout un autre véhicule autonome vous amènera à votre destination finale. »

La navette, le véhicule du futur ?

C’est en tout cas dans cet esprit que la société lyonnaise Navya développe des navettes autonomes. Comme la ville de Toulouse l’avait fait avant elle. Elle souhaite ainsi mettre en place des véhicules collectifs. L’objectif ? Assurer la desserte des zones d’emploi (ZAC ou autres). Le moyen ? Les relier aux autres services de transport urbains.

Lille a également testé ce type de navette et y a même investi la somme de 760.000 euros.

L’exemple lyonnais

Un projet est en lancement à Lyon à l’initiative d’Eiffage Energie Systems. Le test s’effectue sur les navettes entre la station de tram et la ZAC des Gaulnes, fréquentée par quelques 1500 salariés. Olivier Maraval, le directeur régional d’Eiffage Energie Systems, précise dans une interview que : « dès le début, le choix a été fait d’avoir une navette accessible à tout public et gratuite ». Pour faciliter son trajet dans un trafic routier dense, il indique : « à son approche, les feux de signalisation sont prévenus et Mia [la navette de Navya] devient prioritaire ». Ce sont des systèmes de communication de type V2X qui seront intégrés aux infrastructures.

Des navettes autonomes mais sous contrôle

Pour l’instant, en phase d’expérimentation, les navettes autonomes ont encore besoin d’un opérateur à bord. Mais bientôt leur autonomie sera totale et elles seront pilotées à distance. Alors seulement elles seront rentables selon Olivier Maraval : « le fait d’avoir une supervision renforcée et déportée abaissera le coût d’exploitation de la navette autonome sur le dernier kilomètre ».

La complémentarité des moyens de transport en question

Pour assurer un trajet optimisé et sans perte de temps, il faudra, dans le futur, connecter les différents moyens de transport (train, tram, métro, navette autonome, véhicule autonome) entre eux et garantir une excellente géolocalisation et transmission des données en temps réel. De belles perspectives s’ouvrent aux acteurs de ces technologies alors même que nos besoins de mobilité augmentent.

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