La sécurité sous l’aile de l’intelligence artificielle dans le secteur aérien

D’ici 2040, on devrait voir dans le paysage aérien environ 50.000 avions. Boeing et Airbus estiment à 650 .000 le nombre de pilotes en fonction à cette date.

Pour parvenir à ce chiffre faramineux, il faudra doubler la capacité de formation. Mais face à cette pénurie, les pilotes compilent actuellement les heures supplémentaires. Ces prévisions expliquent pourquoi aujourd’hui tant de recherches concernent l’intelligence artificielle et son intégration dans les systèmes de pilotage.

 

Homme VS machine, qui est le plus dangereux ?

Jérôme Bouchard, expert aéronautique au sein du cabinet Oliver Wyman, estime que le facteur humain est à l’origine d’une grande majorité d’accidents.

Si l’intelligence artificielle est ainsi évoquée comme la panacée des enjeux humains et logistiques du secteur aérien, le Site PlanetCrashInfo assure également que les erreurs de pilotage constituent 53% des causes de crashs.

NDLR : 59% si on compte les erreurs humaines au sol (type erreur d’aiguillage ou de manutention).

 

Par opposition, les réfractaires à l’autonomie des vols rappellent que les imprévus jouent aussi un rôle prépondérant dans ce funeste palmarès. On peut en énumérer quelques-uns comme :

  • les turbulences
  • les problèmes avec les passagers pouvant affecter le vol (comme l’incivilité ou la maladie)
  • les collisions d’oiseaux
  • les actes de malveillance
  • les défaillances techniques/humaines
  • et même des feux de batterie de smartphone.

 

De plus, l’automatisation des machines et du planning de vol existe déjà dans l’aviation… Alors pourquoi craindre autant l’arrivée de l’intelligence artificielle ?

La différence réside dans la capacité de prise de décision, explique Henry de Plinval. Le directeur du programme drones au centre français de recherche aérospatiale cite notamment comme exemple la possibilité de modifier le contrôle d’un avion lors d’une panne.

 

L’intelligence artificielle, la nouvelle arme de guerre aérienne

Selon Patrice Caine, le PDG de Thales, les technologies en IA vont bientôt permettre aux passagers de voyager avec un seul pilote à bord. Ce qui s’annonce d’ailleurs comme une révolution dans le domaine de l’aérospatial. Et même s’il sous-entend que l’avion sans pilote n’est pas à l’ordre du jour pour l’instant, il ne dément pas pour autant la faisabilité du projet.

En effet, des vols avec un pilote unique dans le cockpit pourraient être planifiés à l’horizon 2022. Thales s’est ainsi associé à Airbus pour favoriser une collaboration autour des solutions techniques existantes. Elles concernent en grande majorité les logiciels de planification de vol et de gestion de la navigation. De plus, on dispose déjà de programmes capables d’optimiser les trajectoires et d’éviter les collisions aujourd’hui.

 

L’IA vole à main armée

Somme toute, cela reste un sujet frileux pour les compagnies privées. Même si un secteur en particulier est pour le moins intéressé par cette avancée… l’armée !

En effet, Jean-Yves Le Drian, l’ancien Ministre de la Défense a une idée très précise du sujet. Pour lui, les militaires voient dans cette innovation plusieurs avantages dont :

  • l’exposition aux soldats à des risques mineurs (on préférera aisément sacrifier une machine plutôt qu’une vie humaine).
  • une gestion plus efficiente des opérations terrain (en termes de rapidité et de coordination).
  • la discrétion observée lors des missions, renforcée par la capacité des machines à communiquer entre elles et leur rapidité d’analyse d’une situation avec le bon logiciel.

A défaut de s’intéresser au cockpit, les chercheurs réfléchissent actuellement à l’élaboration d’une plateforme interactive, Sésar. Comme une base de données intelligente, l’avion serait en communication constante avec les agents et infrastructures censés réguler son vol. Ce hub devra en plus de générer de l’information en temps réel, la communiquer aux pilotes pour leur permettre d’adapter leurs décisions.

 

L’intelligence artificielle n’est plus une technologie dont on fait débat aujourd’hui mais avec laquelle on apprend à composer. Avec plus de 37 millions de vols recensés à travers le monde sur l’année, ce moyen de transport est de plus en plus plébiscité pour les longues et les moyennes distances.

L’intelligence artificielle a donc trouvé un nouveau secteur porteur. Pourtant, aucune compagnie aérienne ne s’est pourtant encore positionnée pour l’achat de tels dispositifs pour le moment.

 

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