Lutte contre l’insécurité, une priorité technologique pour Paris

C’est en tout cas l’axe vers lequel tend Mounir Mahjoubi, l’ex-secrétaire d’Etat chargé du Numérique pour les élections municipales. Son cheval de bataille, la sécurité. En outre, il propose également de mettre des agents de présence dans chaque quartier afin d’assurer la tranquillité des riverains.

Drones, défense et insécurité

Mounir Mahjoubi souhaite en effet et selon ses propres mots, appliquer pour Paris une surveillance constante réalisée par des drones. Soit « une tolérance zéro, ne rien laisser passer, appliquer la théorie du carreau cassé : dès qu’il se passe quelque chose, on intervient ».

Les drones seraient équipés de caméras de sécurité. Plus rapides que des agents sur place ou des patrouilles véhiculées, les drones ainsi déployés auraient ainsi la faculté de se déplacer beaucoup plus rapidement sur les lieux.

Vers une escadre de drones policiers sur Paris

240, c’est un chiffre qui peut faire pâlir plus d’un. Seulement, ce décompte loin d’être lancé au hasard correspond au nombre de quartiers parisiens à raison d’un drone par quartier.

Il ne s’agit pas ici de drones autonomes puisqu’ils seront pilotés à distance par des agents spécialement formés. La technique ayant déjà été éprouvée par les militaires, elle fait des émules dans les rangs de l’administration au point de séduire le tout jeune candidat aux municipales.

En outre, il n’est pas question de laisser les drones en survol sur la capitale. En effet, il ne s’agit pas ici de drones d’intervention mais bel et bien de renseignements. C’est d’ailleurs ce qui pose problème à la population qui se montre toujours aussi réticente à l’immersion de la technologie dans la sphère privée et peu encline à l’accepter.

Pour un appel au secours, appuyez sur le bouton

Reliés à ces engins électroniques, on prévoit de dispatcher 20.000 boutons d’appel à travers la capitale pourraient d’ailleurs être distribués aux populations les plus vulnérables.

Ces dispositifs ont l’avantage d’être accessibles et de ne pas dépendre des contraintes liées aux smartphones (absence de réseau, faible batterie, etc..). L’objectif étant d’appeler plus rapidement les forces de l’ordre.

Reste encore à savoir comment seront émis ces appels d’urgence d’un genre nouveau. L’appel vocal reste privilégié mais ces systèmes laissés à la vue de tous pourraient être utilisés à des fins malveillantes, voire pire détournés de leur fonction principale.

Quid de la législation sur le survol de Paris ?

Il ne vous aura pas échappé que ce projet est en pleine contradiction avec la réglementation sur l’espace aérien parisien. En effet, il est connu de tous qu’aucun aéronef ne survole Paris. Rappelons que c’est l’arrêté du 20 janvier 1948 qui n’autorise le survol qu’à deux exceptions :

  • les avions spécifiques (armée de l’air, longs courriers)
  • les occasions extraordinaires (venue de chefs d’Etat, 14 juillet, etc..).

Mounir Mahjoubi prévoit donc d’ajouter les drones policiers à ces exceptions. Bien sûr, il n’est pas question pour lui de laisser les drones en surveillance constante mais bien de les envoyer en réponse à un appel d’urgence.

Le tout étant d’éviter ainsi tout type de nuisance, sonore pour les habitants et visuelle pour les touristes. De plus, le risque de chute de drones en plein vol reste assez élevé. Et ce, à plus forte raison lorsque ceux-ci couvrent une distance aussi importante en semi-autonomie.

 

Aujourd’hui le cadre légal interdit l’usage de drone dans la capitale sauf cas extraordinaire comme l’incendie de Notre Dame de Paris le 15 avril dernier.

Cependant, Mounir Mahjoubi s’appuie sur l’utilisation actuelle qu’en fait la police. Il se dit d’ailleurs prêt à solliciter les autorités compétentes afin d’étendre la loi à l’usage de ses drones policiers.

Espérons seulement que cette initiative sécuritaire ne dévie pas vers une surveillance omniprésente des citoyens. Si Shakespeare disait que la sécurité est la plus grande ennemie des mortels, la technologie tend à l’y aider.

 

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